Sols, planchers
Le choix de telle ou telle méthode de construction pour un sol intérieur est important et peut tenir partiellement à la nature du terrain sur lequel le bâtiment est construit. En effet, si le terrassement est aisé, on aura l’opportunité de construire une cave et c’est un choix à faire dès le départ. Inutile d’en rappeler l’intérêt. D’ailleurs, pour bien des gens, cette pièce paraît indispensable.
Creuser le terrain pour y enfouir une cave ou un sous sol est souvent onéreux et demande ensuite des fondations absolument étanches à l’eau qui, elles aussi, impliquent un investissement important, ainsi que l’utilisation d’une grande quantité de béton de ciment si l’on n’a pas les moyens de faire une cave en murs de pierre naturelle. Dans certains cas, le coût de fondations sûres peut équivaloir à celui de lamaison elle même.
Si bien que, de plus en plus fréquemment et pour minimiser la dépense, on choisit de monter un remblai tout autour du premier niveau de l’édifice jusqu’à le rendre partiellement ou complètement souterrain, un choix esthétique assez dis cutable. Selon le cas, on y aménagera une chambre, un garage à voiture ou simplement un lieu pour conserver les vins, confitures, bocaux, fruits, légumes et tout le reste. Quoi qu’il en soit, la vraie cave classique perd de sa popularité et, n’ayant plus ses usages d’antan, se voit remplacée peu à peu par le congélateur. Les maisons avec sous sol cherchent aujourd’hui principalement à disposer d’un peu de place pour la voiture, les rangements, éventuellement une chambre pour le grand qui veut son coin à lui.
Pour des raisons pécuniaires ou bien par impossibilité technique, on est souvent obligé de renoncer à un sous sol enterré. Alors le bâtiment sen habituellement édifié sur une chape solide. Ce que l’on appelle les fondations romaines pennet d’éviter le coulage d’un chape liquide de béton de ciment livré par camion toupie. Il s’agit de créer une surface plane avec des pierres prises dans un mortier de chaux, un travail classique qui demande moins de soin qu’une chape normale mais prend évidemment beaucoup plus de temps.
Isoler un sol est assez facile et peu coûteux. De plus, c’est surtout par le sol et les murs qu’une maison est refroidie durant l’hiver. De nombreuses solutions sont envisageables et elles suivent des règles de base. D’abord creuser un peu le sol, le garnir d’un hérisson sur une bonne trentaine de centimètres, c’est à dire de couches successives de pierres ou galets, puis des graviers, puis une petite couche de mortier de chaux. Le but du hérisson est d’empecher les remontées d’humidité du sol. D’habitude, on insère une pellicule de plastique, du polyane, mais nous préférons nettement un hérisson épais qui durera des siècles, ne fera pas barrière, et ne consommera pas de produit industriel. Ensuite, on recouvre le hérisson d’une couche isolante. Les mortiers allégés sont recommandés mais les plaques de liège, imputrescibles, conviennent également très bien aux sols.
Plus intéressant, presque gratuit et très écologique la chape isolante en bottes et mortier de paille, une solution préconisée par nos amis éco constructeurs canadiens et dé crite dans les livres de François Tanguay ou de Clôde de Guise. Réalisée dans l’optique d’un chauffage par le sol, la chape isolante se présente comme ceci du bas vers le haut, le sol stabilisé ou la roche, des graviers et des pierres formant un épais hérisson si nécessaire, une chape de béton de chaux et graviers, une couche de chanvre bitumée éventuellement, des bottes de paille cote à cote mais pas trop serrées, noyées dans un mortier de paille bien ramollie. Puis, les tuyaux d’eau chaude du plancher chauffant eux aussi noyés dans le même mortier de chanvre. Enfin, une couche fine et légère de mortier batard de ciment et chaux hydraulique au sable très fin pour supporter les carreaux de terre cuite sur leur ciment colle. C’est peut être un peu compliqué mais le résultat en vaut la peine car ce mode de chauffage est plus simple à poser et plus agréable que tout autre. Une fois ce plancher terminé, l’installation de chauffage.l’est presque totalement aussi. Le plancher solaire direct fait l’objet d’autres explications et commentaires au chapitre Architecture, bioclimatisation, implantation.
Isoler un sol n’a d’intérêt que si l’on parvient également à empêcher l’humidité et le froid de remonter dans les murs. Il faut donc bien prendre garde à éviter les ponts thermiques et c’est une affaire compliquée si les murs ont eux aussi leurs fondations. Toutes ces questions bénéficieront d’une étude d’architecte. Notons qu’une maison à ossature avec des murs non porteurs n’a pas besoin de s’appuyer sur toute la chape. Elle est fixée par des poteaux indépendants posés chacun sur sa fondation propre.
Pour ou contre le vide sanitaire ? Certes, il est efficace pour protéger de l’humidité dans un bâtiment en béton et ciment qui ne supporte pas la condensation interne. Il est censé améliorer l’isolation du sol mais les quasiment inévitables ponts thermiques annulent le plus souvent cet effet bénéfique. Il y a aussi un risque de gel des canalisations et, dans le vide sanitaire, elles sont impossibles à atteindre ou à modifier : ce qui est fait est fait et on devra penser à tout dès le départ. Techniquement, un vide sanitaire a des caractéristiques de construction précises qui nécessitent l’étude d’un architecte.
Écologiquement parlant, nous préférons nettement une chape isolante faite avec des matériaux sains. Son pouvoir isolant dans la masse est plus grand, plus stable et garanti. Si la dalle est chauffante, c’est encore mieux.
La construction d’une maison en bois sur pilotis est une garantie de solidité par rapport à un sol moyennement ferme. Elle autorise des petits étirements et tractions, lorsque le sol se stabilise après des terrassements importants, car la maison est simplement posée et que les plots qui la soutiennent peuvent se tordre ou se pencher un petit peu sans dommage. La construction sur des pilotis encaisse également très bien les dilatations et retraits du sol naturel dues aux variations climatiques saisonnières. Elle isole de toute humidité pouvant remonter par capillarité. Elle permet une surveillance et des réparations, ainsi qu’un accès aux canalisations.
Bien sûr, le plancher du rez de chaussée sera soumis aux courants d’air et au froid passant sous la maison. Il faudra donc l’isoler, sauf peut être dans les régions méditerranéennes. Cette isolation devra englober les canalisations d’eau et d’évacuation pour éviter qu’elles ne gèlent pendant l’hiver, privant les habitants de bains, lessives et wc, une mésaventure annuelle pratiquement certaine.
Sur les pilotis, il est alors bienvenu de créer un plancher de parquet de bois (parquet ceux qui ont été construits dans les riches demeures depuis le xvfme siècle imitaient les estrades de lames de bois que lajustice employait pour surélever les accusés devant déposer dans un petit enclos séparé du public par des balustrades ; ces balustrades ressemblaient aux parquets, clôtures de perches de bois que les éleveurs édifiaient pour parquer leurs bêtes c’est du mot "perche" que dérive toute cette terminologie). Grâce à lui, on pourra profiter d’un beau sol toujours tiède. En effet, le bois est très peu effusif et il demeure à peu près toujours à la même température, surtout s’il est isolé entre les solives. On obtient en final un sol sandwich, une sorte de grande boîte posée sur les pilotis, fermée par des panneaux par le dessous avec des plaques d’un matériau protégé de l’humidité, et couverte d’un parquet.
Par contre, durant l’été, ce sol ne pourra contribuer à garder de la fraîcheur à l’intérieur. Aussi, une telle construction demande t elle une aération efficace des pièces, voire une ventilation capable de créer de bons courants d’air.
Les planchers d’étage sont souvent fabriqués en bois pour des raisons de légèreté et de commodité de construction. Mais alors, ils sont sonores et peu isolants. Il est donc recommandé, là encore, de créer un plancher sandwich, c’est à dire de fixer de lourds panneaux d’un isolant phonique par le dessous, comme faux plafond de l’étage inférieur. Si ce faux plafond est suspendu par des silent blocks de caoutchouc, il garantira une très bonne isolation acoustique. Ensuite on remplit l’espace entre les solives par du liège, des billes d’argile expansée, ou mieux : un mortier de chanvre et chaux dont lamasse freinera les bruits. Puis, on recouvre les solives de bandes de liège assez fines, qui servent à éviter les grincements du bois. Enfin, on finit par un parquet, le châtaignier ayant l’avantage d’éloigner les insectes.
Les spécialistes du plancher bois
2A rue Tanmuehle 67310 Cosswiller Tél : 03.88.8724 £5 ou 03.88.902524 (commercial), fax .03 .88.87.41.07 menuiserie.cholvin@wanadoofr Cet artisan menuisier fabrique depuis 1985 des parquets, des escaliers et des clins en utilisant les bois du (...)
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