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  Les ballots de pailie

La maison de paille, c’est l’avenir. Même si parnii celles des Trois p’tits cochons, c’est elle qui cède la première, elle constitue néanmoins une alternative de construction absolument formidable. D’ailleurs les écoconstructeurs ne s’y trompent pas et la recommandent de plus en plus souvent. Beaucoup d’architectes étudient attentivement les procédés employés et s’attachent à rendre cette méthode assez sûre pour offrir toutes les garanties standards. Quant on voit les avantages de la contruction en ballots de paille, on comprend que tant de personnes en parlent et l’expérimentent depuis quelques années. Son bilan écologique est excellent, récolte facile, pas de transformation, pas de transport, pose manuelle, recyclable et non polluant.

La paille est un matériau de construction extrêmement économique. Solide, durable, remplie d’air, disponible partout, elle était utilisée autrefois pour ses excellentes qualités isolantes et on la mélangeait à de la terre pour monter les murs, c’est le torchis. Elle est aujourd’hui utilisée sous forme de bottes rectangulaires, assemblées comme des briques géantes avec un mortier à la chaux qui enferme chaque botte dans son propre coffre en dur protecteur. Ainsi, la paille est à l’abri de l’eau, des insectes et des rongeurs, et la maison profite d’une isolation durable dans le bâti lui même.

Les murs de ballots de paille maçonnés peuvent soutenir une toiture que l’on préferera de toutes façons légère. Mais il faut alors monter les ballots les uns sur les autres sans décalage, contrairement aux briques et parpaings que l’on monte généralement en quinconce. Le joint vertical, disposé latéralement entre chaque botte, devra être très épais, entre huit et dix centimètres. C’est la condition pour une vraie solidité.

Les bottes devront être très serrées, de paille de seigle de préférence, et il est prudent de les plonger un peu dans un lait de chaux avant usage. On les monte comme des briques avec des joints épais, surtout sur les côtés, puis on enduit les deux faces de plusieurs couches. La première est un gobetis de chaux bien liquide que l’on imprègne. Les deux couches suivantes feront deux ou trois centimètres d’épaisseur chacune. Une couche de finition à l’intérieur, avec du sable tamisé ou en terre, donnera un aspect plus fin au mur terminé. Certaines personnes placent du grillage sur tes bottes pour accrocher l’enduit mais si les bottes ont été imprégnées de lait et si un gobetis fait l’interface, la solidité de l’enduit viendra de la qualité de la transition des couches d’un matériau à l’autre.

L’une des difficultés rencontrées par les constructeurs de murs en bottes de paille est d’en trouver qui soient bien adaptées, c’est à dire assez petites et bien serrées. On peut demander à un agriculteur de les préparer à cet usage avec une lieuse ancienne. La paille de seigle est la plus souvent recommandée.

Pour couper une botte en deux, on la ficelle à la longueur choisie avec de la corde et une très grosse aiguille improvisée, puis on coupe les ficelles d’origine. La portion de botte que l’on a ficelée reste telle quelle, identique aux autres mais raccourcie. La paille restante sera employée pour faire des mortiers de remplissage autour des huisseries et dans les recoins.

Le béton de paille et de chaux doit être brassé longtemps. Eau, chaux et paille d’abord, sable à la fin. Le mieux c’est de le laisser reposer quelques heures avant usage pour ramollir la paille et rendre le travail d’application plus facile et le mortier plus accrochant. Cette méthode de construction à la chaux est grosse consommatrice de mortier, c’est son seul inconvénient. Il est donc indispensable de disposer d’une bétonnière, d’une bonne brouette solide et de planches pour la faire circuler sur le chantier, d’un accès facile à l’eau, d’un abri pour les sacs de chaux et le sable propre, etc.

Les constructeurs actuels essaient d’autres méthodes, particulièrement avec des armatures métalliques. On comprime les boues entre des planches de bois traversées verticalement de tiges filetées. Rondelles métalliques et écrous à chaque niveau de planches permettent le serrage des boues. Ainsi, on obtient des murs assez fermes pour supporter une toiture légère. Ensuite, on enduit le mur à la chaux. Cette technique emploie beaucoup de ferraille et nous pensons qu’il faut éviter la présence de métal dans le bâti d’un maison car des effets électromagnétiques sont toujours à craindre, même si des précautions, comme une mise à la terre, sont prises.

On peut enfin construire une ossature poteaux poutres et la remplir de ballots maçonnés, en quinconce cette fois ci, sans craindre pour la solidité. Les montants de l’ossature seront en bois ou, mieux, en briques monomur dont on fera un poteau rempli de béton armé. Il existe même des poteaux d’argile cuite prêts à l’emploi et de différentes hauteurs. Il suffit de les dresser sur les fondations, de les armer et d’y poser des poutres de charpente, un système très simple à mettre en oeuvre et qui ne demande aucun apprentissage particulier.

Certains constructeurs recommandent de bâtir impérativement un muret de pierre de trente à cinquante centimètres de hauteur, en soutien du mur de paille pour assurer une étanchéité avec le sol et éviter les infiltrations qui endommageraient le mur à la longue. La paille doit absolument demeurer sèche. ils expliquent que la pierre calcaire, moellons ou blocs, a l’avantage de très bien se "souder’ avec un mortier de chaux et de rendre l’assise du mur très solide. De plus, un muret de pierre évite de bitumer ou de poser une feuille de polyane, deux produits industriels dont la durabilité n’atteindra jamais celle du muret. La pierre a l’avantage d’être sur place dans bien des cas mais on peut la remplacer par des briques monomur de grande largeur.

L’aspect final des murs en ballots de paille maçonnés est nér,épais, donnant une impression d’ancien, une patine naturelle, genre maison de montagne avec des fenêtres enfoncées. Le travail de la chaux autorise des formes arrondies et il est facile de construire une grande pièce ronde ou des murs en arc de cercle.

Le comportement à l’eau est le même que pour tout mur enduit d’un mortier à la chaux, étanche à l’eau mais poreux à l’air et à l’humidité. Des murs sains qui sèchent facilement, respirent, assainissent. Le comportement au feu des murs en ballots de paille est considéré comme excellent. Des tests officiels ont montré que ce type de mur résiste deux heures à une flamme de chalumeau tandis qu’un parpaing ordinaire ne tient qu’une heure et demie. Il n’y a donc aucune contre indication à cet égard.

Le tour des murs d’une maison en ballots de paille, hors structure, représente une dépense d’un peu plus de mille eos,hors frais de transport des matériaux. Dans le numéro 14 du magazine La Maison Écologique est présentée une petite maison à ossature de bois, au murs de ballots de paille et aux menuiseries récupérées, dont la totalité du gros oeuvre a coûté trois mille cinq cents euros seulement.

Ceux qui vivent dans une telle maison disent que, durant l’été, lorsqu’ils sèchent, les murs dégagent une odeur de foin caractéristique. Peu gênante mais présente, c’est une odeur de campagne, naturelle, qui ne constitue pas un véritable inconvénient.

Construire en ballots de paille est une alternative vraiment intéressante. Les murs sont sains, respirants et super isolants même si un enduit chanvre/chaux intérieur est souhaitable pour atténuer les ponts thermiques dus aux joints maçonnés. En théorie, on estime qu’un mur de bottes de paille isole comme une couche de laine de verre de cinquante centimètres d’épaisseur. Incroyable !

La mise en oeuvre est très aisée et accessible aux autoconstructeurs. Le bilan écologique est excellent même si la quantité mortier employé e grève un petit peu ce bilan. Mais avant tout, la construction en ballots de paffle coûte peu et ne demande aucun investissement. On peut donc dé cider de faire un mur ou une cloison à chaque fois que l’on a cent euros de côté et construire une habitation peu à peu, sans emprunter à la banque. Indicible avantage...

Des maisons en ballots de paille avec ossature existent depuis presqu’un siècle aux Amériques et prouvent la durabilité de ce procédé. Le plus vieux bâtiment connu encore debout est une école du Nebraska construite en 1887. Plusieurs lotissement de dizaines de maisons ont été édifiés en Allemagne et il existe même en France, dans le Jura, une commune qui a fait construire des logements à louer en boues de paille. Ce projet achevé en 2000 est intéressant car, contrairement à toutes les autres constructions en paille à l’initiative de particuliers, il s’agit là d’une commande publique qui a fait l’objet d’études du csm et à laquelle s’applique une garantie décennale.

Les constructeurs de maisons en ballots de paille

Kolotec Pascal Thépaut Trovoas 29640 Plougonven Tél.02.35.57.12.66, port .06.07.80.59.29 pascal.thepaut@wanadoofr //kolotecfreefr/ Kolotec propose des analyses géobiologiques,des études biodimatiques, et fern pour vous du suivi de chantier, de (...)

Les formations et conseils sur la construction en ballots de paille

Pascal Thépaut Trovoas 29640 Plougonven Tél .0235.57.12.66, port.06.07.80.5929 pascal.thepaut@wanadoofr ilkolotec free/ri Kolotec est un centre de formation spécialisé dans la construction en ballots de paille, technique nébraska, ossature bois (...)

A lire

• "Bâtiments en ballots de paille en France" John Daglish, publié par lAcFv, 2000, 56 p., 5,24 euros. Présentations de vingt quatre bâtiments en ballots de paille réalisés en France. • "Guide d’introduction à la construction (...)

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