Le budget
On voit des bâtiments luxueux aussi bien que des maisonnettes préfabriquées et leurs coûts sont évidemment très différents, correspondant aux ressources du propriétaire. Chacun de nous dispose de sommes variables à consacrer à son habitation. A moins de bénéficier d’un héritage, pour un couple de smicards, le financement bancaire à taux préférentiel reste la norme. Pour d’autres, il sera possible de financer leur construction en mobilisant leurs économies de mois en mois. Sans parler de ceux pour qui une maison est juste une dépense courante, ni de ceux qui édifient des palais... S’il est quelque chose de moins en moins réparti, c’est bien l’argent. Charles de Gaulle avait prophétisé que si l’échelle des salaires dépassait un rapport de un à huit, les Français se révolteraient. Aujourd’hui cette échelle va de un à deux cents Pas de révolte, mais des propriétés foncières qui révèlent bien ces disparités.
La France est très en retard sur les autres pays industrialisés en ce qui concerne l’accession à la propriété individuelle. Alors que quatre vingt quinze pour cent des Irlandais vivent dans une maison, les Australiens quatre vingt dix, les Espagnols et les Allemands près de soixante, les Français ne sont que cinquante trois pour cent à disposer d’une maison. Seuls les Italiens et les Suisses font moins bien. Pourtant la volonté d’accéder à la propriété est très forte, puisque près de quatrevingt dix pour cent des Français de moins de trente cinq ans ont l’objectif d’y parvenir. Mais les lourdeurs administratives et juridiques ainsi que des systèmes de financement plutôt archaïques ont ralenti cette accession à a propriété, si bien que seulement cinquante quatre pour cent de nos compatriotes occupent des logements dont ils sont propriétaires. Tous les pays européens, scandinaves compris, font mieux que nous, les Américains, Canadiens, Autraliens et Japonais également.
Grâce aux dispositions légales prises en 1995, de nouvelles mesures facilitent l’accession à la propriété et notamment pour les personnes aux revenus modestes. Si bien que le secteur de la construction de maisons individuelles est le seul à enregistrer une hausse d’activité dans le bâtiment neuf, ce qui correspond à la délivrance annuelle d’environ cent soixante dix mille permis de construire pour des maisons neuves. Les nouvelles mesures légales sont la tin du monopole de distribution des prêts par le Crédit Foncier de France ouvrant largement la voie à la concurrence bancaire, la création du ru, le prêt à taux zéro, l’allongement jusqu’à trente ans de la durée des prêts, la disparition du nombre limite des prêts aidés, celle de l’apport personnel minima !, l’assurance des prêts en cas de perte d’emploi, la suppression de vieilles taxes sur les terrains à bâtir.
Pour la majorité des gens, il est facile d’estimer la dépense envisagée pour acquérir une maison. En restant simple, le budget d’une construction familiale varie decent mille à cent cinquante mille euros, auxquels on rajoutera le prix du terrain. Mais pour les bricoleurs avertis, ce prix peut être réduit d’un bon tiers. Pour les autoconstructeurs, on approchera de la moitié. Pour les mordus de la construction, capables de tout faire, y compris fondations, électricité et plomberie, l’économie peut atteindre les deux tiers du coût du bâtiment. Quant à ceux qui pousseraient la démarchejusqu’à employer les procédés à base de matériaux naturels quasi gratuits et les matériels récupérés, tout en conservant une vraie exigence en matière de confort et de bilan écologique, ils peuvent réellement espérer obtenir une habitation familiale, à perfectionner et à agrandir petit à petit, agréable et saine, pour vingt mille euros environ.
Car enfin, à la louche et sans compter le prix de la maind’oeuvre, un sol paille ciment de quatre vingt dix mètres carrés recouvert de carreaux de terre cuite, avec son chauffage solaire direct, revient à trois mille euros. Des murs externes en bottes de paille maçonnées à la chaux ou en rondins empilés coûtent mille cinq cents euros, ceux en briques monomur trois fois plus. Les cloisons en paille et chaux reviennent à mille euros y compris leur enduit coloré dans la masse, une charpente de toit avec combles aménageables, recouverte de tuiles bitumineuses, va chercher dans les cinq mille euros. On ajoute une isolation de toiture très épaisse, à base de laine végétale ou de cellulose, pour deux mille euros, des portes et fenêtres pour six cents euros, idem pour les différents matériels sanitaires. Les matériels de raccordement de plomberie et électricité comptent pour mille euros. Un poêle à bois et un chauffe eau/chauffage solaire font moins de cinq mille euros supplémentaires. Calculons le total tic tic tic tic tic = il reste de la menue monnaie sur nos vingt mille zeuros.
Des records d’économies ont été battus dans ce domaine, une maison de canettes de bière vides, recouverte de plaques offset d’imprimerie, une yourte mongole, une cabane en bois très améliorée, toutes ces habitations peuvent revenir à moins de cinq mille euros, mais ce n’est pas vraiment le type de maison dont tout le monde a envie.
Le financement
Généralement, l’accession à la propriété passe par le recours à des emprunts, ne serait ce que pour acheter des matériaux. Même si l’on est solvable et dispose de bonnes économies, la recherche d’un prêt est un vrai casse tête tant les organismes de crédit (...)
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