Les soutiens aux autoconstructeurs
Construire soi même sa maison permet d’en réduire les coûts dans des proportions importantes, les matériaux ne représentant que vingt à trente pour cent du coût d’une maison. En pratiquant la récupération et le travail manuel, il est possible de construire un logement de trentetrois mètres carres pour quatre cents euros, il n’y a pas d’erreur, comme le montre l’exemple d’une maison particulière à Montpellier décrite dans le n° 194 du journal Silence.
Alors, ne vaut il pas mieux passer six mois à construire plutôt que vingt ans à travailler pour rembourser la banque ? Des matériaux économiques et écologiques comme la terre, la paille ou les rondins de bois empilés, permettent de réaliser de belles maisons saines et confortables et leur mise en oeuvre ne demande pas de grande technicit&Etre autoconstructreur est à la portée de tous. Il existe des livres, des stages, des artisans qui peuvent aider à franchir le pas psychologique et à nous rendre autonomes.
On peut se jeter à l’eau ou bien prendre tout son temps. On peut prendre le risque de se renseigner au fur et à mesure ou commencer par participer à des chantiers chez des amis pour se faire la main et prendre de l’assurance, et puis inviter ensuite ces mêmes amis pour son propre chantier. Des associations d’autoconstructeurs mettent ainsi en relation les personnes qui souhaitent échanger des coups de mains et des conseils. Elles organisent des réunions pour visiter en groupe des habitations autoconstruites, rassembler et négocier les commandes de matériaux, aider à dessiner des plans, mettre en commun les recherches de terrains, etc. Certaines d’entre elles regroupent un nombre étonnant de participants, ce qui incite à penser qu’il pourrait en exister beaucoup d’autres un peu partout dans notre pays. Mais ces associations sont encore rares et certaines n’ont pas de vrai souci écologique, même si toutes se penchent petit à petit sur les solutions alternatives, ce qui est logique vu leur recherche permanente de la qualité à moindre coût.
Les Castors, dont plusieurs délégations existent en France, sont des groupes associés dans un mouvement déjà ancien, issu de la solidarité ouvrière. Ils proposent aux autoconstructeurs une assurance pour leur chantier, ce qui est capital, surtout si l’on reçoit des coups de mains bénévoles. Ils regroupent les commandes et négocient les meilleurs prix. Ils acceptent de donner des conseils sur les projets privés et même de venir sur le site d’un chantier pour initier une phase des travaux et s’assurer que tout va bien. Ils sont bénévoles et leur disponibilité sera limitée mais leur expérience est grande et ils peuvent enseigner beaucoup en peu de temps.
Selon l’excellent et très beau livre "Écu Logis", chez Konneman, les économies en autoconstruction varient selon le type de travaux. La pose d’un escalier, de portes ou d’un chauffage central par un professionnel ne coûte pas grandchose en plus des matériels et apportera la garantie d’un travail bien fait. De même pour la construction des murs. Concernant la pose des fenêtres, des sols, des sanitaires et des carrelages, le travail d’un professionnel n’excède pas vingt à trente pour cent de surcoût. Par contre, pour la pose de la couverture, de l’isolation, celle de l’électricité ou le montage des cloisons, l’autoconstruction représente une réduction de moitié du budget de ces postes. Ce sont les travaux de décoration qui sont les plus intéressants à prendre en charge, quatre vingts pour cent de frais en moins.
Commencer par se munir d’un bon manuel de construction. Si l’on a décidé quels seront les matériaux utilisés, il serait bon de disposer d’un ouvrage écrit à leur sujet. Un livre sur la chaux, un autre sur les ossatures bois ou sur la construction en rondins, enfin bref, celui qui va bien.

