l’arrivée du poêle
Avec tout ça, l’hiver est arrivé pour de bon et, alors que nous pouvions déménager, nous attendions encore que le poêle soit installé pour éviter l’achat d’un chauffage d’appoint. Ma mère et celle de Sophie avaient bien noté ce problème et, comme nous leur répondions que notre budget nous forçait à des solutions d’attente, elles décidèrent toutes deux de se cotiser pour nous prêter l’argent nécessaire. Ah, les mamans elles tiennent tellement à ce que nous soyons au chaud Ravis de leur aide, nous savions maintenant que le déménagement était possible et avons donné notre préavis à notre propriétaire. Alea jacta est...
Rendez vous est pris avec notre ami maçon qui doit renforcer le socle capable de supporter le poids exceptionnel du poêle. Comme nous n’avons pas prévu le détail de cette pose, nous sommes à nouveau obligés de démonter une partie de ce que nous avons fait. Oh, ce n’est pas grave, ça fait partie de l’aventure normale d’un chantier. L’essentiel est l’avancement de notre maison et il n’y a que ceux qui ne font rien qui ne font pas de bêtises. Faire et défaire n’est pas une galère quand on a un but, car on sait le pourquoi de la chose et le bénéfice qu’on va en retirer. Là, le chauffage si particulier et agréable d’un poêle de masse.
Donc, il faut trouer le plancher du rez de chaussée, menuiser un chevêtre, creuser la terre de dessous et y couler une grosse masse de béton ferraillé, coffrer l’emplacement du socle, étanchéifier au bitume, puis bétonner tout cela jusqu’au ras du plancher, soit un cube d’environ un mètre de côté. Puis une hauteur supplémentaire lorsque nous décidons de surélever notre poêle pour mieux voir les flammes. Nico construit quelque chose de très propre et solide, un vrai roc au sein de la maison. Rien n’est de trop car le poêle que nous avons choisi pèse près d’une tonne, un vrai poêle de masse.
Il est fabriqué par une petite entreprise artisanale de notre région, un système de lourdes plaques d’un béton spécial, montables à deux personnes dans la journée. Des plaques épaisses, il yen a partout à l’intérieur et c’est bien plus qu’un simple ajout de masse autour d’un foyer métallique genre insert. Ici, les fumées parcourent deux fois sept mètres de galeries avant de ressortir, pratiquement froides. Pourtant, le foyer et son système de double combustion sont portés à près de neuf cents degrés, ce qui donne un excellent rendement et très peu de pollution. Le poêle restitue ensuite longuement cette chaleur en irradiant comme un doux soleil. On charge le matin et le soir avec de petites bûches, on décendre une fois tous les trente six du mois. Il est décoré à la chaux et au pigment ocre jaune dont la patine donne l’impression d’un vieux cuir. On peut y préparer des pizzas et des rôtis. Génial...
Seul impératif : le roder doucement au départ. Si bien que le poêle ne nous a pas beaucoup réchauffé, tandis que nous nous mettions aux finitions. Pourtant sa présence, même au ralenti, nous donnait le sentiment que la maison était habitée. Lorsque nous passions chaque matin pour le rallumer, nous sentions que l’humidité de nos murs s’évanouissait et que le chantier séchait de tout côté.

