Le transport automobile
La pollution automobile : un mal qui ne fait qu’empirer. En 1900, il y avait trois mille voitures en circulation dans le monde, cent dix huit millions en 1959 et on estime aujourd’hui le parc mondial à près de trois cent millions d’unités, plus de vingt millions en France. Quand on sait que chaque année une voiture moyenne de cinq à sept chevaux rejette dans l’atmosphère deux cent soixante dix kilos d’oxyde de carbone, trente kilos d’oxyde d’azote et vingt cinq kilos d’hydrocarbures imbrûlés, on comprend mieux que l’heure soit désormais à l’assainissement.
La situation est réellement devenue préoccupante, car les trois principaux polluants contenus dans les gaz d’échappement de nos voitures menacent fortement la qualité de l’air. Les hydrocarbures imbrûlés sont accusés d’être responsables du smog qui étouffe périodiquement Mexico, New York, Los Angeles, Athènes ou Tokyo. L’oxyde de carbone (ne pas confondre avec le gaz carbonique) n’est pas moins nocif : ce gaz asphyxiant provoque et aggrave les problèmes cardiovasculaires. Quant aux oxydes d’azote, on les soupçonne de participer aux pluies acides : avec l’oxygène de l’air, ces gaz se transforment en acide nitrique, acidifiant les pluies et s’attaquant aux forêts et aux organismes vivants, dans les lacs par exemple.
Il y a une quinzaine d’années, les scientifiques scandinaves et canadiens ont donné l’alerte. Depuis, devant l’ampleur des dégâts, soit près de vingt mille lacs acidifiés en Suède, deux mille plans d’eau morts en Norvège, trente pour cent des résineux allemands atteints, et autres joyeusetés, il a fallu réagir. Mais à tâtons car, jusqu’à présent, aucune étude scientifique n’a voulu établir avec certitude que les automobiles sont les principales responsables de ce désastre écologique. L’autre polluant incriminé dans les pluies acides, le dioxyde de soufre, s’échappe également des hauts fourneaux industriels ou des cheminées des centrales thermiques. Ainsi les mesures effectuées par le ministère de l’Environnement français donnent la répartition suivante : pour le dioxyde de soufre, l’industrie et l’agriculture émettent huit cent mille tonnes, soit quarante cinq pour cent de la masse totale de ces rejets, alors que les transports, avec cent mille tonnes émises, ne représentent que six pour cent. En revanche, pour les oxydes d’azote, les transports viennent en tête avec un million cent trente mille tonnes, soit quarante cinq pour cent de la masse totale émise, contre douze pour cent venant des industries et cinq pour cent des centrales thermiques.

