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 Nitrates et pesticides

Contre les nitrates, issus aux deux tiers des activités agricoles, il faut particulièrement mettre en garde les femmes enceintes et les jeunes mamans. En effet, le bébé de moins de six mois ne possède pas encore les enzymes dont l’adulte dispose pour parer à un défaut d’oxygénation provoqué par les nitrites métabolisés dans l’estomac. Il risque donc de périr de cyanose, la maladie du bébé bleu. Ce risque est majeur si l’on prépare un biberon avec de l’eau du robinet, surtout si elle s’est évaporée en bouillant longtemps et, plus encore, avec l’eau d’un puits. Chez le nourrisson, la consommation de liquide par rapport au poids est près de dix fois supérieure à celle de l’adulte. Il est donc indispensable d’utiliser une eau en bouteille dont le taux de nitrates soit très faible. Avant la naissance, c’est la maman qui doit se garder de boire de l’eau nitratée car elle peut transmettre les ennemis de l’hémoglobine à travers le placenta, particulièrement si elle a une faible acidité gastrique.

L’eau ne représente en moyenne que quinze pour cent des apports en nitrates de l’organisme, alors que soixante quinze pour cent proviennent des aliments. Les nitrates se retrouvent dans tout ce que nous mangeons et si l’on veut éviter d’en être imprégnés, mieux vaut savoir où ils se cachent. Nous citons ci après les aliments qui en concentrent le plus.

l’espèce cultivée. Les légumes feuilles comme le chou ou les salades comme la batavia sont les premiers concernés, surtout élevés sous serre durant l’hiver. Les épinards, avec leurs mille huit cents milligrammes de nitrates par kilo, sont particulièrement doués pour produire des nitrites et on évitera de les stocker ou de les décongeler trop à l’avance. Les légumes racines sont également atteints et les carottes, pommes de terre, radis ou betteraves sont bien utiles à cultiver par soi même dans un potager sans engrais et arrosé à l’eau de pluie.

Le nitrites, eux, sont utilisés comme conservateurs des viandes et poissons, sous les codes d’étiquetage allant de E249 à E252. Ils empêchent le botulisme et stabilisent la coloration rose des viandes et charcuteries. C’est la saucisse qui en contient le plus, quatre cent vingt milligrammes au kilo, mais le jambon se défend bien et le bacon, grâce à la friture, devient une généreuse source de nitrosamines, cancérigènes également présents dans la fumée des cigarettes. En plus de la maladie bleue et & détruire les vitamines, on reproche aux nitrates de former des composés qui induisent des cancers, de l’estomac tout spécialement.

Pour lutter contre les nitrates, on peut boire souvent des jus d’oranges, pamplemousses, citrons et autres agrumes. Leur acidité nous protège en nous aidant à les digérer avant même qu’ils ne se changent en poison. Mais modérons quand même notre goût pour la charcuterie.

Depuis la Seconde Guerre mondiale et la découverte du DDT, la production de pesticides, ou produits phytosanitaires, a doublé tous les dix ans. La France est actuellement le deuxième consommateur mondial de pesticides derrière les États Unis. Seuls cinq pour cent des rivières de notre pays n’en sont pas encore contaminés. Herbicides, insecticides, nématicides, fongicides, rodenticides, acaricides, molluscicides, etc, sont d’autant plus employés en agriculture que l’on pratique partout en Occident une culture unique sur de vastes domaines et que les équilibres d’un écosystème autorégulé par sa biodiversité sont rompus, laissant les infestations se propager librement. Notre mode de production agraire lui même rend les pesticides de plus en plus nécessaires... et inutiles puisque les espèces combattues finissent par créer, mutation après mutation, de nouveaux individus résistants et qu’alors tout est à recommencer. Une petite histoire dont nous avons déjà plusieurs fois fait l’expérience et qui conduit à utiliser de plus en plus de phytosanitaires.

Ainsi trois cent cinquante produits chimiques sont couramment employés dans l’agriculture française dont seulement une centaine fait l’objet d’analyses. Certains sont tristement célèbres comme le lindane, les organochlorés, l’atrazine, l’aldrine, l’heptachlore, la diéldrine, le DBCP, à cause de leurs méfaits bien cernés. Ah, le chlore Le reste des phytosanitaires est quasiment inconnu et on n’en a expérimenté ni la toxicité pour l’être humain, ni l’impact sur les eaux et les biotopes.

Lors de leur utilisation, la moitié de ces produits n’est pas pulvérisée sur les plantes et tombe sur le sol pour rejoindre. les rivières et les nappes aquifères, en percolant durant une quinzaine d’années. En 2020, ce sera donc pire. Les agriculteurs en respirent de bonnes quantités lors des traitements. Le consommateur, lui, doit se méfier des fruits et légumes mal lavés car ils portent souvent la trace de ces dangereux poisons. D’autant plus qu’il existe des insecticides dits "systémiques" qui se caractérisent par un trajet interne du produit traitant des feuilles vers les racines et qui donc se conservent à l’intérieur des aliments, parfaitement lavés ou non. Signalons aussi le problème du pain complet dont la farine contient l’enveloppe du grain de blé. Celle ci fixe justement une grande quantité de pesticides et le pain complet non biologique s’avère donc néfaste. Méfiance également envers les insecticides en plaquettes ou en bombes que l’on utilise à la maison, il serait déraisonnable de ne pas respecter les dosages prescrits sur leur mode d’emploi. Seuls les insecticides à base de pyrèthre naturel sont tolérables.

Le problème avec les pesticides c’est que, comme pour les métaux lourds, ils ne se dégradent pas facilement et certains, les plus résistants, se concentrent donc tout au long de la chaîne alimentaire. Du plancton aux crustacés, puis aux poissons, dans le milieu aquatique, ils peuvent se concentrer de dix à cent mille fois dans la chair d’une truite ou d’un brochet. Par un autre parcours, ils peuvent aussi porter atteinte aux nourrissons. De l’herbe aux bovins, des steaks et yaourts au lait maternel, ils gagnent en concentration et, dans les pays où la comparaison a été faite, on a pu souvent relever dans le lait de femme des taux de pesticides supérieurs à ceux autorisés pour le lait de vache...

Ils sont hautement toxiques pour les indésirables mais aussi pour les humains. La plupart sont stables et persistent dans l’environnement longtemps même après leur interdiction. Car en effet, certains ont été interdits tant leurs conséquences se sont montrées dramatiques. L’accident de Bhopal, en Inde, est là pour nous rappeler ses deux mille morts et les deux cent mille personnes intoxiquées par l’explosion d’une usine produisant de l’aldicarbe, un poison très soluble utilisé sur les pommes de terre et les betteraves, dont les taux ont déjà explosé les plafonds admissibles dans de nombreux pays industrialisés. On sait aussi qu’un défoliant utilisé pendant la guerre du Vietnam, l’agent orange, a occasionné de nombreuses malformations congénitales et des enfants morts nés. Quand les Étasuniens s’inquiètent de voir des pays posséder des annes chimiques, ils ne font pas grand examen de conscience. Ces produits, ils les ont eux mêmes employés contre des populations et ils continuent à en infester leur propre environnement. Car du pesticide foudroyant aux gaz de combat, il n’y a souvent qu’un rien, juste une petite modification moléculaire.

Tous ces produits de synthèse ont de graves conséquences neurotoxiques et cahcérigènes, et on peut vérifier partout un parallèle entre fa fréquence de la maladie de Parkinson et les régions rurales. Les agriculteurs, très exposés, sont également sujets à des leucémies et à des cancers spécifiques, tels celui de la vessie, du système respiratoire, etc. On attribue aussi à certains pesticides des conséquences comme l’asthme, certaines immunodéficiences et même la stérilisation progressive des hommes et une féminisation embryologique de toutes les espèces.

L’utilisation de produits phytosanitaires constitue donc une des plus graves atteintes à l’environnement et il est urgent de trouver des méthodes de substitution à la lutte contre les insectes, comme l’utilisation de prédateurs naturels ou de leurres à base de phéromones. Pour les désherbants et les fongicides, les produits biodégradables devraient être obligatoires. On réserverait les rares produits toxiques restant à une utilisation très ciblée faisant appel à des techniques évitant toute dispersion inutile. Et puis, est il si nécessaire de désherber partout ? Que ce soit le boni des routes ou les remblais de chemin de fer, les pistes d’aéroports ou les fossés, on les inonde d’atrazine qui rejoint rapidement les nappes phréatiques. Est ce seulement utile ?

Plus globalement, on peut rêver que les citoyens cultivent chacun un petit potager, dans lequel la diversité et le choix des plantes cultivées soient en eux mêmes garants de leur bonne croissance et de l’absence d’infestations. Développer potagers et vergers est sans doute l’un des moyens les plus cohérents pour rétablir une nature saine et des eaux propres. N’attendons pas, n’attendons rien, et réapprenons le jardinage familial. Toutes les petites réalisations individuelles feront des tâches d’huile assez grandes pour représenter un vrai changement. Penser globalement, agir localement...

 

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