Les risques de l’eau d’adduction
Lorsqu’un médecin voit un malade, il devrait d’abord lui demander comment est son logement, voire s’y rendre et y chercher des causes possibles de l’affection de son patient. Il lui serait alors possible de procéder à une vérification de l’eau du robinet, car ce ne sont pas les garanties offertes en matière de potabilisation qui prémunissent de tout problème. L’état du réseau et des canalisations est primordial et le traitement de l’eau laisse quand même à désirer, ne faisant rien contre les nitrates, pas grand chose contre les métaux lourds et guère plus contre la dureté. L’eau de distribution peut engendrer une chronicité de petites intoxications conduisant lentement à un mauvais état de santé général. Après l’analyse de l’eau, notre médecin pourrait s’intéresser à l’alimentation, puis à l’air, passer alors aux stress émofs,et seulement enfin à des causes microbiennes, ceci pour établir un diagnostic qui ait la moindre chance de donner lieu à des soins durables.
L’eau est le milieu général de toutes les transformations métaboliques et sa qualité est déterminante pour la santé. Heureusement, d’une façon générale et si l’on n’y regarde pas de trop près, l’eau d’adduction est bonne. Elle se montre même souvent plus saine que celle de grandes sources connues. Soixante pour cent provient de réserves souterraines qui alimentent la quasi totalité des communes françaises. Si treize pour cent de l’eau distribuée n’est pas traitée du tout, le reste l’est plus ou moins. Cinquante trois pour cent sont simplement désinfectés, tandis que trente quatre subissent un traitement de potabilisation complet. Si bien qu’au robinet, le précieux liquide n’est plus aussi vivant qu’à son origine. A savoir que la chloration ou l’ozonisation, d’ailleurs nuisibles sur le long terme, détruisent l’organisation subtile de l’eau, élément très complexe et malléable. Ah, le chlore, le chlore C’est encore le prix à payer pour que l’eau ne présente pas de danger microbien et ne transmette plus le typhus, le choléra et tous les microbes fécaux provoquant les gastro entérites. La garantie contre les infections est quasi totale, avec l’inconvénient d’un traitement qui endommage ses caractéristiques naturelles.
Chacun d’entre nous peut prendre des dispositions simples pour éviter de se faire du mal avec l’eau d’aujourd’hui. Nous faisons ci dessous le tour de la question. Mais le mieux est encore de choisir l’implantation de sa résidence après s’être assuré de la qualité de l’eau locale, quitte à la faire analyser. Si vraiment elle s’avérait chargée en métaux lourds ou très polluée par les engrais, ou même désagréable au goût, la question peut se poser du choix d’aller vivre ailleurs. Après tout, nous buvons de l’eau durant des années et la solution de l’eau en bouteille n’est pas garante de santé non plus car, par exemple, une minéralisation déséquilibrée est préjudiciable aux reins ou aux tissus artériels. Soumettre la localisation de son habitation à la qualité de l’eau d’adduction peut paraître assez radical, mais, dans notre équipe de rédaction, nous serions tous prêts à déménager si l’eau disponible devenait néfaste à notre santé et à celle de nos enfants.

