L’eau
L’eau nous le savons, c’est la vie et d’ailleurs la vie est apparue sur Terre grâce à elle. fly a quatre milliards d’années environ, les roches en fusion ont commencé à refroidir et, à l’instar de la bouteille de limonade qui dégage son gaz à l’ouverture, l’eau dissoute dans les roches s’est échappée en formant une couche de quinze kilomètres de vapeur autour de la planète. En quelques dizaines de millions d’années, la vapeur retombe et forme des océans, pas encore salés, qui deviennent le milieu de rencontre de molécules de plus en plus complexes, le berceau de combinaisons chimiques inédites formant les premières briques du vivant, les acides aminés. Puis, de fil en aiguille... nous !
Aucun être vivant ne peut se passer de cet élément indispensable aux métabolismes. Par sa masse, l’eau est de loin le premier constituant de la matière vivante, quatre vingtquinze pour cent pour une méduse de mer, et les humains sont faits, selon l’âge, de soixante dix pour cent d’eau en moyenne, jusqu’à quatre vingt cinq pour cent pour les nourissons. Si nous perdons plus de dix pour cent de notre eau, ce qui peut arriver en faisant du sport, chez les personnes âgées qui ne boivent pas assez ou pour un bébé dans une voiture surchauffée, nous risquons la mort. L’eau constitue un tiers de nos os, les trois quarts de nos muscles, quatre vingttrois pour cent de notre sang et quatre vingt dix pour cent de notre cortex cérébral. Nos aliments, eux, contiennent jusqu’à quatre vingt dix sept pour cent d’eau dans le cas d’une salade, treize pour cent dans le pain, et nous en absorbons près de deux litres par jour.
Or, selon l’oMs, sept cent cinquante polluants sont détectables dans notre eau de distribution et elle peut parfois déclencher des pathologies, aussi bien par l’alimentation que par le lavage et la toilette. On attribue trop souvent notre espérance de vie aux progrès de la médecine alors qu’il apparaît que l’hygiène est un facteur bien plus important pour la santé des populations. Quatre vingts pour cent des affections dans les pays du Tiers Monde seraient évitées grâce à une eau saine, sauvant ainsi, selon le wwf, dix millions & vies par an, dont la moitié d’enfants, si l’on compte les dégâts de la fièvre jaune, des dysenteries, du paludisme et du choléra, dus aux eaux croupies. Malheureusement, nous n’aurons pas eu le temps de distribuer l’eau d’adduction dans tous les recoins de la planète qu’elle sera déjà devenue imbuvable. Avant, la potabilité de l’eau était déterminée par six paramètres, aujourd’hui il en faut soixante trois. Nitrates, phosphates, pesticides, métaux lourds, s’accumulent dans nos sols, donc dans l’eau et dans notre alimentation. II s’agit là d’une pollution diffuse et tenace. La contrer s’avère complexe. Les enjeux de l’eau vis à vis de notre santé, majeurs, nous ont donné envie de traiter cette question très largement.

