Cheminée, mise en eau, élecricité
Pour la construction de notre conduit de cheminée sur le toit, nous faisons appel à un ami maçon, compagnon du devoir, ce cher Nico. Comme nous, il est membre d’un réseau SEL, le système d’échange local. Nous le connaissons au travers de réunions militantes, de bourses d’éèhanges et de petites fêtes collectives Nos enfants ont sympathisé avec les siens, un solide lien de confiance. Sa qualité de compagnon, maître artisan, nous assure que son travail sera aux normes et même nettement plus. C’est ce nettement plus qui nous intéresse. Dans notre maison en bois, nous craignons les fuites d’eau et une indemnisation de l’assurance ne nous consolerait pas d’une toiture abîmée. Nous préférons que le conduit de cheminée, qui pose toujours des problèmes d’étanchéité, soit réalisé avec un maximum de soins. Et encore ne parlonsnous pas d’incendie, toujours possible avec un conduit mal posé. Non, pour notre futur poêle, nous n’acceptons aucun compromis.
En deux jours avec son apprenti, Nico taille les chevêtres dans le plancher de l’étage et dans la charpente de toiture, il installe ses coffrages, coule le béton, modifie la disposition des tuiles, etc. Une semaine plus tard, il revient une seconde journée pour monter la cheminée externe et la couvre avec deux briques plates de terre cuite, disposées en chapeau pointu, rigolo Tous les jointoiements nécessaires sont fignolés. Il faut seulement laisser sécher une vingtaine de jours avant de décoffrer, ce qu’il viendra faire à l’occasion d’un autre de ses chantiers dans les parages.
Fin septembre : le plombier est de retour. Il fixe et branche les différents appareils sanitaires, lavabos et baignoire, robinets, ballon d’eau chaude, etc. L’équipement solaire est religieusement mis en place sur la pente de toit qui lui est destinée. A cette occasion, nous avons le sentiment de faire un acte juste pour la planète et nous en sentons intérieurement assez fiers. Le plombier réalise du bon boulot, que nous n’aurions pas assumé nousmêmes tant il faut être précis et expérimenté. C’est délicat et la moindre erreur signifie des fuites. Encore une affaire à laisser aux professionnels. De plus, les subventions, garanties ou assurances ne fonctionneront qu’au vu d’une facture établie régulièrement. Finalement, en ce domaine, le choix de bricoler soi même n’existe pas vraiment.
De même pour l’électricité. En cas d’incident grave, .1 la compagnie d’assurances exigera la présentation dune facture. Heureusement, l’électricien, lui aussi membre de notre SEL, est un autre gars sympathique qui connaît notre préférence pour les énergies renouvelables et comprend notre logique d’autoconstructeurs. Il négocie pour nous une bonne remise auprès de son fournisseur habituel. E accepte aussi que je l’aide à la tâche, ce qui réduira la facture finale d’autant d’heures que je passe à tendre le bon outil, à souffler dans les gaines pour les repérer, à passer des fils ou poser des boîtiers. Jacques, lui, se concentre sur le tableau, les branchements, la mise en service. A deux, nous terminons l’installation en une semaine.
L’avantage de cette méthode, outre les économies réalisées, c’est que nous pouvons décider de certaines améliorations de dernière minute. Avec son expérience, il me conseille la pose d’un va et vient ici ou d’une autre prise là, il décide d’une sécurité supplémentaire, du passage d’une nouvelle ligne, etc. Un exemple :je n’avais pas envisagé de prise extérieure. Sur ses conseils, nous en avonsinstallé deux, de même que, à l’entrée du jardin, un interrupteur qui permet l’éclairage à distance du seuil de la maison. Dans cette même gaine, une ligne pour la sonnette. Bien d’autres détails encore qui m’ont familiarisé avec l’électricité du bâtiment, un domaine que je n’appréhendais pas et qui me paraît aujourd’hui moins mystérieux.
Ah Un truc à savoir. L’électricien est habitué à mettre des douilles de chantier au bout des fils pour l’éclairage. Il faut lui demander expressément d’utiliser des douilles sérieuses, en métal et porcelaine. Elles recevront les lampes fluocompactes de basse consommation que l’on trouve maintenant partout. Le problème vient surtout du fait que les douilles de chantier se détériorent vite. Elles s’abîment avec les étincelles dallumage, noircissent et leur plastique se délite peu à peu En deux mois à peine, il y a risque d’incendie, surtout dans une maison de bois. Mieux vaut ne pas mettre de douille de chantier, même provisoirement, car on sait bien que c’est le genre de provisoire qui dure. Ce serait pourtant une erreur que de négliger cette sécurité.

