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 Produire de l’eau chaude écologique

Comment allez vous vous équiper pour produire de l’eau chaude ? Par un cumulus électrique, un chauffe eau au gaz, une chaudière mixte au gaz ou au fioul ? Un bouilleur de cheminée ou de cuisinière abois peut être ? A part la dernière, ces solutions consomment des énergies fossiles ou nucléaires et produisent des gaz ou des déchets.

Alors pourquoi ne pas profiter du soleil, une source de chaleur disponible partout, parfaitement propre et naturelle qui, bien maîtrisée, peut couvrir tout ou partie de votre consommation ? Un chauffe eau solaire peut facilement être ajouté à une installation existante. Il peut aussi être intégré en toiture pour rester discret. Il n’a besoin que d’une bonne orientation et ne demande que très peu d’entretien.

Dans le monde, les capteurs thermiques solaires se comptent par millions de mètres carrés mais la France fait un peu exception et compte un sérieux retard pour deux raisons principales : le lobby de l’électricité, d’une part, qui freine de toutes ses forces le développement de cette énergie libre et gratuite et, d’autre part, les ratés des années soixante dix qui ont laissé des traces d’amateurisme et de bricolage dont la nouvelle filière solaire commence seulement à effacer l’image. L’actuelle professionnalisation, le sérieux de la formation des artisans, le suivi des installations, la charte Qualis9l,les agréments de matériels par le csm,les subventions d’État, le Plan Soleil, sont autant d’éléments qui devraient répondre à la demande croissante d’un public qui prend peu à peu conscience des actions à mener pour la sauvegarde de l’environnement.

Hélas, beaucoup d’installations anciennes sont en panne et ne peuvent donc constituer un exemple significatif de la fiabilité du chauffe eau solaire. Nous connaissons un mordu, André Deslandes, qui dépanne des installations abandonnées par leurs utilisateurs parce qu’ils ne connaissent personne capable de réparer. Souvent, la société qui avait posé l’installation a déposé le bilan, le matériel n’est plus fabriqué, aucun entretien régulier n’a eu lieu, etc. André est souvent défrayé par l’AuvŒ pour se rendre quelque part en France et tenter de remettre en route des chauffe eau qui ne fonctionnent plus. Parfois, c’est un fusible de pompe qui a claqué, parfois l’orientation de panneaux est totalement fantaisiste, parfois un bon décrassage et un bon détartrage suffisent.

Mais cette époque des pionniers est terminée. L’ADEME a créé la charte Qualisol qui garantit la fiabilité et le suivi des matériels installés et la pose par des artisans formés et qualifiés. S’équiper aujourd’hui d’un chauffe eau solaire devient banal, comme la pose d’un cumulus électrique et guère plus. L’adoption de ce procédé n’a plus rien d’alternatif. On en voit de plus en plus, y compris dans les immeubles collectifs, et c’est tant mieux. La France va enfin rattraper son retard chronique dans ce domaine, à moins qu’une nouvelle raffarinade ne vienne faire reculer la politique nationale actuelle.

En France, une grande partie des besoins en eau chaude d’une famille peut être couverte par une installation solaire thermique : soixante cinq à soixante dix pour cent des besoins au nord de la Loire, soixante quinze à quatre vingts pour cent au sud. En Guadeloupe, près de quinze mille foyers sont équipés de capteurs qui fournissent cent pour cent des besoins. Quatre zones climatiques sont définies en France métropolitaine avec des niveaux d’ensoleillement qui déterminent le dimensionnement de l’installation. Au nord d’une ligne Caen Auxerre Belfort, le Nord et le Nord Est du pays, les capteurs pour une famille de trois à quatre personnes seront les plus grands, soit environ six mètres carrés. On prévoit ici une production de cinquante litres d’eau chaude par personne et par jour. Au sud de cette limite et jusqu’à une ligne La Rochelle Limoges Genève, on adoptera cinq mètres carrés de capteurs. Ensuite, du Bordelais au Massif Central et jusqu’au Lyonnais, la préférence ira à quatre mètres carrés de capteurs. Enfin, au sud d’une ligne Pau Grenoble, le grand Sud Est et la Corse, il suffira d’installer trois mètres carrés de capteurs pour couvrir la totalité des besoins d’eau chaude en été et soixante dix pour cent des besoins annuels en moyenne.

Pour capter l’énergie du soleil, différents fabricants ont développé depuis près de trente ans des chauffe eau solaires performants et fiables, offrant généralement une garantie décennale. Déjà plus de sept cents mille familles en Europe en ont équipé leur logement. Quinze mille seulement en France mais le plan Hélios 2006 de l’.r1E, organisme d’État, intégré au Plan Soleil, devrait permettre de subventionner près de quarante mille nouvelles installations. Il s’agit d’une aide de sept cents à mille deux cents euros selon le dimensionnement des capteurs. Cette aide est éventuellement complétée par une subvention équivalente allouée par certaines régions et départements. Se renseigner auprès de l’Espace Info Energie ADEME le plus proche de votre domicile. Le numéro vert de l’ADEIvŒ est le 0800.310.3 11.

D’autres avantages sont accordés par l’État une TVA à cinq et demi pour cent si votre habitation a plus de deux ans. S’il s’agit de votre habitation principale et qu’elle a plus de dix ans, vous pourrez déduire de vos impôts vingt pour cent du montant de votre installation, travaux compris, toutes subventions déduites évidemment (voir article 85 de la loi de finance de 1997). Une autre mesure fiscale, peut être annulée récemment par notre gouvernement de grippe sous, est un crédit d’impôt pour les particuliers acquérant un équipement à énergie renouvelable, dont les chauffe eau solaires, pour leur habitation principale quel que soit son âge.

Deux politiques sont possibles et celle que nous avons présenté ci dessus, commune à la France et à l’Allemagne consiste à modérer le dimensionnement des capteurs qui, suffisants l’été, ont besoin d’être couplés à une source de chaleur d’appoint pour bien fonctionner durant l’hiver. Au PaysBas par contre, les utilisateurs choisissent de couvrir tous leurs besoins, même en hiver, et leurs installations, bien plus grandes, fonctionnent donc au ralenti durant l’été. Cette seconde solution a l’avantage de ne pas faire appel à d’autres énergies, toutes malheureusement bien moins écologiques que le soleil et qu’il vaudra toujours mieux éviter.

Dimensionner les capteurs pour l’autonomie en hiver reste un choix intéressant car, en France, les besoins sont vite couverts et ne demandent pas des installations si importantes que cela. Et puis, le surcoût en question reste inférieur à l’installation d’un chauffe eau complémentaire. C’est évident au point qu’on se demande pourquoi nous faisons autrement. L’EDF aurait elle imposé de garder sa part, histoire que tous les foyers français soient bien reliés à la Matrix et restent toujours inscrits dans les mémoires de Big Brother ? Tant qu’à y être, et puisqu’on renonce à une chaudière, pourquoi ne pas globaliser le projet avec un plancher solaire direct, obtenir une remise sur les panneaux plus grands, voir comment faire subventionner le tout, faire intervenir le même professionnel ? Est ce que tout ceci ne mérite pas un lieu aménagé pour le solaire ; en dur, en contrebas de la maison, pour profiter du thermosyphon, peint en blanc au sol et sur les côtés et tout prêt à recevoir des panneaux photovoltaïques ? Et faire fabriquer un support métallique sur petites roues, orientable autour d’un axe aussi bien latéralement que verticalement, pour exposer tous ces panneaux au mieux ?

Globalement, selon les modèles et les difficultés de montage, une installation solaire demande un investissement de trois mille à cinq mille euros dont, selon les cas et les régions, cinquante à soixante quinze pour cent resteront à votre charge. Il s’agit d’un système comportant les capteurs, un ballon de trois cents litres, les fournitures annexes et la pose. Une autre possibilité, la location vente, s’offre à vous pour éviter une mise de fond initiale trop importante. La société Énergie Solaire de France vous installe un chauffe eau solaire et l’entretient durant dix ans, aux termes desquels vous devenez propriétaire de votre équipement. Il vous en coûte un dépôt de garantie puis un montant mensuel fixe. La garantie est totale et les frais répartis sur plusieurs années et, finalement, votre chauffe eau solaire ne vous coûte pas plus qu’une installation au gaz. Ce principe est appliqué dans les départements d’outre mer où il connaît un succès notable.

En l’absence de carburant et de tout frais de fonctionnement, la rentabilité d’un chauffe eau solaire est assurée en quelques années seulement, entre cinq et huit ans. Au delà ce sont des économies nettes, de l’ordre de cinq cents euros par an. Alors pourquoi pas vous ? Grâce aux économies d’énergie réalisées, vous allègerez considérablement vos factums. Et en utilisant une énergie non polluante, abondante et éternelle, vous participerez activement à la préservation de notre environnement.

Pour bénéficier des primes accordées dans le cadre du Plan Soleil par l’ADErvIE et certains départements ou régions, voire certaines communes, vous devez acquérir un modèle de chauffe eau solaire agréé par le CSTB. La marque déposée CSTBât est attribuée par des experts et garanti la conformité du matériel, ses performances, sa durabilité comme la qualité du suivi de fabrication. Il est, en outre, exigé que votre équipement soit posé par un professionnel qui a reçu le label Qualisol. La liste de ces installateurs est disponible dans les Espace Info Energie de votre département.

Finalement, l’une des meilleures solutions consiste peutêtre à fabriquer soi même son capteur thermique. Ce n’est pas bien compliqué, surtout si l’on s’en réfère à des livres existants qui fournissent plans et méthodes de fabrication dans le moindre détail. Ainsi, par l’autoconstruction, il est possible de disposer d’une installation d’eau chaude solaire de très bonne qualité et donc la plus efficace possible, pour un prix trois fois moins élevé que celui pratiqué par les professionnels, environ mille deux cents euros. De plus, lorsqu’il y a un problème, on est capable de réparer puisqu’on connaît l’installation par coeur.

 

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