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Accueil du site / Comment utilise t-on le bois de chauffage ?

 Comment utilise t-on le bois de chauffage ?

La cheminée est agréable. Une bonne flambée est toujours conviviale, quelquefois magique. Claude Nougaro chante : "Le feu raconte des histoires, illuminant la nuit des temps. Je connais tout le répertoire tIe ce génie incandescent. Le feu est un vieux compagnon, le plus ancien des Minitels, le cinéma de Cro Magnon et la télé de Tautavel ... L’homme et la flamme savent s’entendre, ils se ressemblent tant tous deux, dresseurs de feu, laisseurs de cendres. Feu le feu..." Mais la cheminée s’avère plus un luxe qu’un moyen rationnel pour se chauffer. Quatre vingt cinq pour cent de la chaleur s’échappe par le conduit. De plus, lorsque le feu est éteint, ce conduit provoque un énorme refroidissement si l’on ne ferme pas de trappe. La trappe, un moyen bien théorique d’éviter les pertes si l’on note son absurdité car, à être là pour la fermer au bon moment, pourquoi alors ne pas remettre une bûche dans la cheminée, hein ?

Bref, le foyer ouvert traditionnel, la cheminée quoi, c’est chauffer son département, pas sa maison. Si toutefois vous décidez d’en construire une ou si elle existe déjà dans votre maison, faites là équiper de la fameuse trappe qui sera quand même utile en inter saison. Au fond du foyer, ajoutez des tubes métalliques (diamètre de cinq centimètres) par lesquels de l’air venu de dehors se réchauffera et grimpera jusqu’aux pièces de l’étage. Même si ce système n’est efficace qu’avec de grosses flambées vives, il permet de récupérer de la chaleur gratuitement moyennant un bricolage simple (faire couder les tubes par un professionnel si besoin, ce sen bien fait, rapide et pas cher).

Il existe aussi des bouilleurs en forme de marmite que l’on pend à une crémaillère au dessus de son feu de cheminée et qui chauffent de l’eau pour plusieurs radiateurs. C’est une idée amusante, pouvant esthétiquement convenir à une grande cheminée mais son rendement thermique ne peut être confondu avec celui d’une véritable chaudière ou d’un bon poêle. De plus, ce système de fausse marmite percée de trous nécessite un nettoyage fréquent de la suie si l’on espère en tirer de nombreuses calories.

Les inserts, eux, sont souvent capables de chauffer plusieurs pièces à la fois. Mais c’est avec de l’air réchauffé, pulsé par un ventilateur ou non. Ce qui veut donc dire poussières, courants d’air, condensation, déperdition rapide, etc. Les inserts ont de bons rendements (cinquante à soixante quinze pour cent) mais leur fonctionnement au ralenti en inter saison réduit considérablement leurs performances moyennes et engendre des problèmes de pollution, d’entretien et de sécurité. De plus, comme pour les poêles, la température de sortie des fumées reste entre trois cents et six cents degrés centigrades, ce qui représente une perte importante de calories.

Les poêles à bois nous offrent une grande diversité de formes, de couleurs, de matières, de puissance, de prix et... d’efficacité Celle ci dépend en effet le plus souvent de la personne qui le charge... Le mot "poêle" désigne au départ une pièce chauffe, puis l’appareil de chauffage lui même ; cette pièce, le poêle, tire son nom du latin bainea pensilia, bain suspendu, puisque les baignoires et piscines des thermes romains étaient chauffées par le dessous, avec des briques empilées entre lesquelles courait de l’air très chaud. Les poêles à bois produisent deux types de chaleur en même temps un peu de rayonnement infra rouge et beaucoup de chaleur par convection, c’est à dire qu’ils réchauffent l’air en permanence au contact des leurs parois brûlantes. L’air chauffé monte dans la pièce et redescend une fois refroidi ce qui provoque de nombreux désagréments condensation d’eau sur les surfaces froides, courants d’air, froid au niveau du sol et chaud à la tête, déperdition à la moindre porte entrebaillée, dessèchement de l’air et circulations de poussières provoquant quelquefois des allergies. La documentation sur les poêles à bois rend compte de leur puissance en usage intense ce qui ne donne pas d’indication sur leur consommation effective. On se doute bien qu’un petit poêle constamment bien chargé pourra chauffer un gros volume, mais qu’en est il à faible régime ? Ce qui serait donc plus intéressant de connaître, c’est leur rendement car, avec ce renseignement, on pourrait calculer combien de kilowatts seront fournis par les cinq bûches placées dans le foyer avant d’aller au travail ou de monter se coucher. Et c’est bien cela qui compte. Malheureusement, on ne peut espérer un très bon rendement pour les poêles à bois ordinaires. Même en fonte, ils n’ont que peu d’inertie, n’emmagasinent que peu de chaleur et se refroidissent trop vite.

Les poêles de masse (ou Kachelhofen ou poêles autrichiens ou alsaciens, finlandais ou russes) sont construits en briques ou en pierre, la stéatite, capables de stocker beaucoup de chaleur. Depuis une vingtaine d’années, on en construit en béton spécial ou on en bâtit en dur, au coup par coup, en s’inscrivant dans la construction générale de la maison. Leur principe est simple stocker toutes les calories possibles. Outre une combustion parfaite du bois due à la longueur des flammes, à une double entrée d’air, à une température de foyer élevée (huit cents degrés centigrades) qui brûle tout, les poêles de masse disposent de longs circuits intérieurs pour l’évacuation des fumées, ce qui les ramène à la sortie à moins de deux cents degrés centigrades. Toutes les calories restent donc dans le poêle qui peut peser de une tonne au minimum à dix tonnes et plus. De ces particularités découle un fonctionnement spécial le feu est allumé pour une flambée intense, en général deux fois parjour, si intense que les braises sont quelquefois blanches de lumière et que l’on voit le bois fondre sans s’écrouler, en se rétractant sur lui même. Impressionnant !

L’utilisation de briquettes de bois compressé donne le meilleur résultat. Le feu s’éteint normalement au bout d’une ou deux heures et on ferme le clapet de sortie des fumées. Il a été si vif qu’il ne subsiste aucune cendre, aucun gaz imbrûlé, même pas de goudron ou de suie autour du foyer ou sur la vitre, toujours propres même après dix années d’utilisation. Chaque flambée est autonettoyante par sa température exceptionnelle et, de là même, les rejets dans l’atmosphère sont limités, ce qui fait des poêles de masse le moins polluant des systèmes de chauffage (bilan co2 excellent puisqu’on consomme du bois sans rejeter grand chose).

L’inertie du poêle fait que la chaleur va, une heure plus tard, se diffuser doucement dans la pièce pendant un tour d’horloge (avec un masse de dix tonnes, la restitution de la chaleur peut couvrir une bonne semaine). Lorsque le poêle commence à rayonner (car il rayonne), il est possible pour les gourmands de s’en servir comme d’un four. Pains, pizzas, tes, rôtis, gratins y trouvent les conditions idéales de cuisson, proches de celles d’un four à pain classique. Mais ce n’est pas l’essentiel, parlons donc encore du confort thermique.

Comme la chaleur est répartie dans les parois du poêle, celles ci sont bien chaudes mais pas brûlantes. Rien n’est plus agréable que d’y adjoindre une banquette et de s’y adosser avec un bouquin. "Auprès de mon poêle,je vivais heureux..." aurait chanté Georges Brassens. Car, en effet, le principal avantage d’un poêle de masse réside dans la qualité de sa chaleur. C’est le système qui donne le plus de rayonnement et le moins de convection. Même à une température de la pièce encore un peu basse, seize degrés par exemple, on ressent une agréable impression de chaleur comme lorsque l’on s’expose aux rayons directs du soleil ou aux braises d’un foyer. Le rayonnement chaud, contrairement à l’air chaud, est capable de se stocker directement dans les objets, le sol et les murs sans provoquer la moindre condensation. L’air qui n’est pas brassé, reste sain, exempt de poussières, acariens et autres allergènes courants. Ce type de chaleur radiante est par ailleurs très efficace pour le séchage du linge. Si l’on n’étend pas sa lessive dehors en hiver, le poêle de masse devient un réel allié quotidien puisqu’il est capable de sécher un kimono de judo ou une couette dans la nuit.

Parlons enfin de la consommation habituelle de ce mode de chauffage. Étant donné que presque toutes les calories sont captées, le rendement du bois atteint les quatre vingtdix pour cent et plus, ce qui abaisse encore le prix du kilowatt/heure du bois de toutes façons déjà bien placé. Selon le poêle et la maison on obtiendra des résultat différents mais nous pouvons citer l’exemple de plusieurs personnes ayant fait installer des poêles de masse d’une tonne par un fabricant artisanal spécialisé dans les poêles en béton réfractaire. Ces poêles trônent dans de grandes pièces à vivre car, dans un couloir, on ne pourrait plus profiter de leur rayonnement direct. Dans les conditions adéquates et au sud de la Loire, avec deux poêles de masse bien placés, le coût du chauffage d’une maison ancienne moyennement isolée sera normalement contenu sous les sept cents euros par hiver, ce qui est très bien placé.

François Tanguay écrit dans son Petit Manuel de l’Habitat Bio climatique : "Je ne crois pas que l’on puisse faire mieux que les poêles de masse. Tout y est : combustion intégrale sur feu intense, beauté, chaleur douce, four à pain qu’on peut y incorporer, cuisinière même De plus, il s’agit d’un meuble, d’une âme, beaucoup plus que d’un objet."

Les chaudières à bois existent dans une gamme de modèles très larges et selon des méthodes de combustion tout aussi variées. La double combustion, par exemple, c’est un apport d’air frais à la sortie des fumées brûlantes qui vont elles aussi se consumer avant de s’échapper. La flamme inversée apporte une amélioration de rendement. Les chaudières à bois fonctionnent avec des bûches, des copeaux, ou bien des granulés, ces derniers permettant un chargement automatique. Elles sont utilisées pour le chauffage central avec circuit d’eau et radiateurs et parfois aussi pour la production d’eau chaude. Parfois, elles sont couplées avec des capteurs solaires ou bien avec un récupérateur de chaleur dans une cheminée.

Dans une maison qui le permet, on évitera l’emploi d’une pompe de circulation, électrique bien sûr, c’est à dire consommatrice d’énergie et dépendante de l’alimentation EDF. Tout le monde se souvient des deux ou trois tempêtes que la France a connu durant ces derniers hivers et les personnes dont le chauffage ne pouvait plus fonctionner s’en souviennent encore mieux. Si les radiateurs sont assez groupés et que la chaudière est à la cave, la pose de tuyau assez gros va permettre à l’eau chaude de monter naturellement dans les radiateurs et elle redescendra toute seule sans l’aide d’accélérateur ni pompe.

 

A LIRE :

’Le Chauffage au Bois" Joseph Pousset, Editions Utovie, 128 p., 13,7 euros.

La forêt, le bois combustible, le chauffage au bois et l’agriculture écologique, l’abattage, la préparation, le stockage, les appareils de chauffage au bois et les cheminées à feu ouvert. Nombreuses illustrations.

"Deux Cheminées faciles" Editions Utovie, 28 p., 3,35 euros.

Construire sa cheminée, ce n’est pas compliqué. Il suffit de respecter quelques règles très simples de choix des matériaux et de respect des proportions. Ici, deux modèles dont un avec récupérateur de chaleur, faciles à mettre en oeuvre soi même.

"Poêles, inserts et autres chauffages au bois les nouveaux matériels, performants et économes"

Claude Aubert avec l’Ageden, Editions Terre Vivante, 1999, 96 p., 12,65 euros.

Nombreux schémas et photos couleurs. Mille conseils pratiques et les adresses pour faire le meilleur choix.

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