Le confort thermique
Dans une maison insuffisamment isolée, les murs semblent émettre du froid. Pour se sentir au chaud, il faut chauffer la pièce à vingt cinq degrés environ. Par contre, dans une maison super isolée, avec des poêles, sols ou murs chauffant par rayonnement, le confort thermique ressenti est excellent dès quinze degrés, ce qui fait une grosse différence en terme de consommation énergétique. Inutile donc de prévoir un chauffage central puissant si les murs restent froids. Là encore, une isolation renforcée permet de chauffer à une temperature nettement moindre pour une même sensation de confort, au bénéfice de la préservation de l’air, des ressources naturelles et du porte monnaie. Avec les bétons allégés, des bétons de chanvre par exemple, une quarantaine de centimètres d’épaisseur apportent un isolation équivalente à vingt centimètres de laine de verre, avec, en prime, une respiration du matériau et des échanges hygrométriques qui donnent une sensation de confort bien supérieure.
Tourner le dos aux produits industriels
De nouveaux produits industriels intéressants commencent à poindre, mais nous préférerions nettement qu’une grande diffusion des isolants naturels les rende vite moins coûteux. La laine de mouton, de lin ou de chanvre, le liège et la cellulose présentent toutes les qualités isolantes nécessaires, sont sains, agréables à poser, résistants, mais surtout renouvelables et facilement biodégradables, ce qui n’est habituellement pas le cas des produits industriels. Leur plus large diffusion abaisserait vite leur coût et favoriserait des fihères et des emplois locaux et ruraux.
D’autres solutions moins connues et traditionnelles, peuvent être envisagée et nous les évoquons un peu partout dans ce guide, depuis les mortiers légers jusqu’aux murs Trombe. L’imagination ne manque pas et il existe même un système expérimental de murs faits d’étagères où sont empilées des boîtes en carton recyclé et ininflammable que l’on peut remplir de ce qui trame chez soi, y compris de sciure de bois, de déchets végétaux, de vieilles factures ou de bouts de tissus récupérés.
A LIRE
- "Petite Théorie du chauffage" Editions Utovie, 32p., 3,35 euros. Pour comprendre et utiliser à bon escient les notions de base d’isolation et de choix des matériaux dans l’autoconstruction. Vous permet de dresser un bilan thermique de votre habitation.
- "Comment calculer le bilan thermique d’une maison solaire"
Éditions Utovie, 52 p., 5,5 euros.
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Des matériaux à risque
L’industrie n’a pas de morale et ne se gêne pas pour vendre des produits dangereux en avancant des performances d’ailleurs discutables, dans l’objectif unique et évident de faire de belles marges, point.
- Il a été constaté le pire sur l’utilisation des laines minérales et il est vrai que, comme pour l’amiante, la dispersion de leurs microfibres est fort dangereuse. C’est le matériau d’isolation le plus utilisé en France et on retrouve des fibres minérales dans l’air même au sommet des montagnes. Malgré une fabrication assez peu polluante et modérement gourmande en énergie, leur utilisation massive pose de nombreux problèmes, en particulier d’élimination en fin de vie et de recyclage.
La pose des rouleaux ou panneaux de laine minérale est très désagréable et nécessite l’usage d’un masque professionnel à filtre respiratoire, d’un couvre chef, de gants épais, lunettes, chaussures et vêtements fermés ou bien d’une combinaison étanche et jetable comme celles employées par les médecins et que l’on peut commander en pharmacie. etc. Ces protections évitent la pénétration de fibres dans le corps et les irritations insupportables qui vont avec.
Médicalement en effet, ces fibres traversent les tissus biologiques, s’enkystent quelque part dans nos corps et provoquent toutes sortes de dégâts, de la thrombose au cancer. Les maladies de l’amiante ont été reconnues et la fabrication de produits avec ces fibres d’amiante totalement stoppée. Dans quelques années, la mise au point de produits de remplacement aidant, on interdira aussi les laines minérales.
La laine de verre a été concurrencée par la laine de roche dont on a dit qu’elle était moins irritante. Ce n’est vrai qu’à la pose et seulement pour la peau, car en fait les fibres de roche, plus fines et pénétrantes, provoquent de leur côté de graves dégâts pulmonaires. Un fabricant étranger de laine de roche a même proposé une gamme qu’il qualifiait d’écologique par le simple fait que ses fibres ressortaient mieux du corps humain. Un progrès paraît il, mais il serait quand même plus judicieux de mettre au point un nouvel isolant qui n’ait pas les inconvénients des laines minérales tout en conservant leurs qualités, à savoir une très grande efficacité et surtout un prix imbattable.
Malgré les réserves exprimées ci dessus, l’utilisation de laine de verre ou de roche n’est pas impossible dans une maison saine. Dans les murs eux mêmes, prise en sandwich entre deux couches de matériaux de construction, elle ne présente aucun danger véritable. Le recouvrement par plusieurs films protecteurs ou par des plaques de bois ou de plâtre parfaitement étanches, l’exécution tatillonne du moindre joint et la chasse aux interstices peuvent permettre d’obtenir un résultat sans risque pour les habitants. Mais, sans précaution, la pose de laine minérale, en particulier sous toiture, donne une bien trop grande probabilité de respirer des fibres échappées dans la pièce.
La laine de verre cachée derrière des lambris, par exemple, peut s’avérer dangereuse. En effet, les noeuds des lattes de lambris peuvent se fendiller et tomber, des interstices peuvent s’ouvrir entre les lattes, l’exécution des joints au mur est difficile et des fibres vont forcément s’échapper petit à petit.
L’étanchéité aux fibres exige des matériaux adéquats les films de toiture en plastique sont une piètre solution et n’offrent pas toute garantie. Micro poreux, ils manquent de solidité. Résistants, ils sont trop étanches. Les pare vapeur ordinaires ou pare pluie en fibres non tissées restent trop poreux. La meilleure solution est de tenir la laine de verre entre de grandes plaques de fibres de bois avec rainure et languette. Ou bien entre des plaques gypse/cellulose bien collées entre elles. Attention aux ponts thermiques. On fera également tout ce qu’il faut pour ne pas laisser la laine s’échapper par le toit vers la nature environnante. Quand le vent est fort, il arrache et disperse la laine de verre alentour.
Précisons encore que, si les performances thermiques des laines minérales sont excellentes, elles n’ont pas toutes les qualités. Leurs capacités hygroscopiques, par exemple, sont nulles et la présence dune humidité importante détériore fortement les performances de ce type d’isolation, avec un risque de problèmes sanitaires dûs aux moisissures, champignons et aux autres infestations possibles. Par ailleurs, les performances phoniques des laines minérales sont moyennes, même s’il est souvent conseillé, dans les magasins de bricolage, de réaliser des cloisons placo/laine de verre/placo pour l’isolation acoustique, une technique assez intéressante eu égard à son prix et à son poids, mais en fait moyennement efficace. Il est possible de faire beaucoup mieux et la recherche d’une très bonne isolation phonique devra prendre d’autres chemins.
Pour finir, rappelons que, dans la majorité des cas, la laine minérale perd ses capacités isolantes en quelques années. Elle se tasse toujours et perd vite sa contenance en air. Elle s’humidifie aussi, malgré tous les pare vapeur que l’on veut, ce qui la rend vite plus conductrice de la température. Après une quinzaine d’années seulement, on estime qu’elle n’isole plus. Du coup, son rapport qualité/prix est très’ mauvais. Au départ, la laine minérale n’est pas chère mais puisqu’il faut la remplacer pour q’u’elle garde son efficacité, alors, avec les travaux occasionnés, l’opération devient vraiment onéreuse. Tout le monde comprend très bien cela au moment d’acheter une paire de chaussures : on prend celles là, un peu plus chères mais qui resteront confortables et étanches longtemps et que l’on n’aura pas à racheter dans trois mois. Et, bizzarement persuadés qu’une fois que l’isolation est posée on peut l’oublier, les consommateurs se laissent berner par les laines minérales qu’ils pensent en place pour toujours alors qu’elles ne serviront plus à rien dans peu de temps.
Le polystyrène expansé, les mousses urée formol et les dérivés du pétrole sont des isolants issus de l’industrie chimique et leur fabrication polluante et énergivore les exclut de nos choix. Le polystyrène expansé est très souvent attaqué par les rongeurs qui adorent s’y faire des nids et des galeries et, au bout de quelques années, l’isolation est perdue. Il exhale ses vapeurs toxiques en permanence et, lors d’un incendie, se transforme en pluie de feu et en fumées létales. Il n’est absolument pas recyclable et persiste durant des siècles dans la terre. On en produit malheureusement près de vingt millions de mètres cubes chaque année en Europe. Lors de sa fabrication et pendant les deux mois qui suiVent, il est stocké spécialement pour que le styrène, gaz neurotoxique violent et cancérigène qui s’en échappe, n’empoisonne pas les gens. Les plaques de plâtre doublées de polystyrène sont employées partout, certes, mais elles ne passeront jamais le seuil d’une maison écologique, nous sommes d’accord.
À LIRE
"Laine de verre ou de roche, quels risques pour la santé ?" Article d’Antoine Bosse Platière dans Les Quatre Saisons du Jardinage n°124, 5,90 euros.
DÉSAMIANTAGE, DÉCHETS D’ISOLANTS :
Dauphiné Isolation Environnement
ZA du Meyrol, BP266, 26206 Montélimar cedex
Tél .04 .75 .00 .78 .90,fax .04 .75 .53.71 .88
Cette entreprise, créée il y a treize ans, fait des opérations de désamiantage et de déplombage pour tous maîtres d’ouvrages publics ou privés, de l’étude au traitement, puis à l’évacuation des déchets. Elle a des agences sur tout le territoire de l’Hexagone.

