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Accueil du site / Hiii ! On gêle !

 Hiii ! On gêle !

Les maisons les mieux isolées du froid sont généralement bien étanches et caparaçonnées. Pour ne pas avoir froid, la maison ne doit pas laisser partir ses calories vers l’extérieur, c’est la déperdition thermique. On la contrarie avec des matériaux qui conduisent peu la température, dits de faible conductivité thermique, mesurée par le lambda, X, qui doit être inférieur à 0,15 et tient à la nature même du matériau. Évidemment, selon l’épaisseur utilisée le résultat ne sera pas le même. Ce résultat final, à savoir la quantité de chaud qui part vers le froid, se mesure en terme de résistance thermique, R. On peut donc obtenir une isolation de grande résistance thermique avec un matériau dont le lambda est élevé si on en met une épaisseur importante.

Les fabricants de matériaux préfèrent donner la résistance thermique de leurs fabrications, c’est à dire la capacité du résultat final à empêcher la chaleur de fuir. C’est la seule façon de juger de l’efficacité d’un matériau qui serait fait de plusieurs composants aux coefficients de conductivité différents. C’est aussi la seule façon de connaître la puissance effective d’isolation en fonction des épaisseurs mises en oeuvre, puisqu’en effet, une couche de trois centimètres d’un X donné, résistera moins qu’une couche de trente centimètres d’épaisseur du même X.

Il en va de ces questions comme de celle de l’étanchéité d’une réserve d’eau. Encamping, on peut utiliser soit des bidons en plastique parfaitement étanches, soit des "vaches à eau" en toile épaisse que l’on trouve exclusivement chez les spécialistes de la randonnée. Les premiers sont d’étancheité totale, les seconds beaucoup moins mais l’épaisseur de leur toile fait qu’ils ne perdent pas non plus une goutte d’eau au transport. Par contre, ils transpirent un peu et donc finissent par se vider tout seuls à un moment ou un autre.

Cela pourrait sembler un défaut mais cette faiblesse de l’étanchéité permet une évapotranspiration qui rafraîchit l’eau à l’intérieur. Un miracle de la physique que l’on met à profit dans les pays chauds lorsque les gens mettent au soleil des jarres ou amphores en terre cuite très poreuses, recouvertes d’un petit linge blanc. La scène devient rare car maintenant et dans le monde entier, le réfrigérateur a pris sa place, mais je me souviens avoir vu ces jarres au soleil en Crête, en 71, à l’époque où on y vivait encore de façon traditionnelle.

Autre avantage de la "vache à eau", elle est fabriquée avec de la toile de jute parfaitement renouvelable, locale et saine, tandis que le bidon est industriel et pétrolier et qu’il doit porter la mention "plastique alimentaire" si l’on ne veut pas tomber malade en l’utilisant. Enfin, la vache à eau est pliable dans un sac à dos, souple à transporter pleine, quand le bidon, lui, reste rigide, inrangeable et qu’il bat les cuisses et les genoux quand on le transporte, au point que certains se font des bleus en revenant du point d’eau

Eh bien, pour nos isolants, c’est pareil. Ceux dont la conductivité est faible sont efficaces mais, bien souvçnt, les matériaux moins performants au départ ont d’autres avantages indispensables et il suffit d’en mettre plus pour obtenir tous les bénéfices en même temps.

On ne peut donc pas dire que plus un matériau a une faible conductivité, plus il nous intéresse. Le polystyrène espansé a une très faible et séduisante conductivité thermique mais nous n’en voulons pas et nous obtiendrons la même résistance thermique avec un peu plus de ouate de cellulose qui, en plus et c’est rare chez les isolants, dispose d’une certaine capacité thermique, capable d’un léger déphasage thermique, bien agréable en pleine nuit l’hiver et en fin de journée l’été, capacité qui ne met pas en cause le coefficient de déperdition thermique global de l’habitation. Ça va bien ? On suit ?

 

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