Pfff, on étouffe !
Commençons par distinguer deux souhaits : avoir chaud l’hiver et frais l’été. Comme vous avez sans doute pu le constater, certaines maisons conservent leur fraîcheur durant la belle saison grâce à l’épaisseur de leurs murs et à une bonne ventilation. II semble que ce soit la seule façon simple d’y parvenir : de gros murs, de l’ombre, des courants d’air, éventuellement des brumisateurs d’eau. Sauf à investir dans une climatisation électrique, et donc probablement nucléaire, il n’est pas facile de rafraîchir efficacement une maison. L’inversion de la pompe à chaleur des planchers chauffants géothermiques est une solution. Heureusement, il existe des systèmes réfrigérants utilisant les capteurs solaires destinés au chauffage de l’eau mais qui, en inversant leur fonctionnement comme pour les climatiseurs, produisent de l’eau froide. Quand les capteurs atteignent quatre vingt dix degrés, ils refroidissent une autre eau à moins de dix degrés et on peut la faire circuler dans le plancher chauffant ou eux, dans les plafonds puisque l’air chaud y monte.
Avec une source ou un courant d’eau froide à pm,on peut imaginer de faire parcourir les murs ou les sols par cette eau. Les romains qui, rappelons le, étalent très riches, équipaient leurs villas de systèmes hypocaustes constitués de tuyauteries, de bassins, fontaines et cascades dans lesquels coulait soit de l’eau chaude, et en termes de thermes, ils étaient connaisseurs, soit, on le sait moins, de l’eau bien fraîche obtenue en conservant plusieurs mois de grandes quantités de glace descendue des montagnes par leurs esclaves. On n’imagine pas le raffinement et le confort parfait des villas romaines : architecture de plain pied, jardins d’intérieur, galeries, chauffage par le sol, climatisation, bains luxueux, larges égoûts, caves, cuves d’eau de mer pour conserver les huitres, eau au robinet... Tout y était. Il est bien dommage que l’empire romain ait connu une telle décadence que, à son effondrement, il se soit montré incapable de transmettre sa formidable connaissance de l’habitat.
Rome ayant supprimé autour d’elle toutes velléités de science et de culture, les héritiers de ces siècles de colonialisme ont beaucoup peiné à retrouver les savoirs perdus.
Pour conserver la fraîcheur grâce aux matériaux de construction, il faut se dire que l’isolation fonctionne dans les deux sens et que si l’on n’a pas froid en hiver, alors la maison est protégée de la chaleur extérieure.
À ceci près que certains matériaux peuvent accumuler beaucoup de chaleur et provoquer des surchauffes, les miles par exemple. Souvent, une isolation confortable en hiver ne suffira pas pour arrêter les surchauffes d’été. On évitera donc d’utiliser en superficie de la maison, dans son enveloppe, des matériaux très accumulateurs de calories, dits de forte capacité thermique. C’est pourquoi les murs anciens, même épais, ne parviennent pas à isoler véritablement.
Avec la capacité thermique, l’accumulation de calories ou de frigories, on peut jouer sur l’épaisseur du matériau pour obtenir un déphasage thermique, comme nous en avons déjà parlé à propose des murs Trombe au chapitre Architecture, bioclimatisation, implantation. Et là tout dépend de l’inertie thermique. L’inertie, c’est la vitesse à laquelle un matériau emmagasine ou restitue sa température. Il peut accumuler beaucoup mais ne pas restituer assez vite. Ou bien accumuler peu et restituer rapidement. Dans les deux cas, la contribution du matériau au confort sera faible. Par contre, s’il accumule beaucoup et restitue lentement, il contribuera fortement à la régulation thermique. S’il accumule beaucoup et restitue vite, il provoquera des écarts de température importants à éviter absolument. Le métal, par exemple ne peut vraiment pas être utilisé comme isolant et on se demande d’ailleurs bien ce que vient faire l’aluminium aujourd’hui dans les matériaux d’isolation.

