Le torchis
Le torchis, lui, apporte l’isolation thermique en plus des qualités intrinsèques à la terre crue. Par un mélange avec de la paille, du foin ou tout autre débris végétal adapté, on fabrique un matériau plus solide que la terre crue seule car les fibres mélangées arment la terre comme des fers arment le béton. On obtient par ailleurs un matériau qui renferme l’air des brins de paille et donc qui isole des températures extérieures. Mais le torchis ne prétend qu’au remplissage et ne peut suffir à édifier une habitation. Contrairement au pisé, le torchis, lui, a besoin d’une structure en bois ou en briques monomur car il ne peut soutenir une toiture, ni même rester durablement debout tout seul.
Fabriquer de grandes quantités de torchis, c’est facile avec une bétonneuse. On met l’argile et l’eau jusqu’à obtenir une bouillie bien liquide. On ajoute ensuite de la paille ou du roseau ou du chanvre hachés et on attend que cela se ramolisse. On peut ensuite remettre de la terre et un peu de chaux pour durcir le résultat final. On laisse le mélange s’homogénéiser un minimum,jusqu’à obtenir une pâte que l’on montera en vrac entre les éléments de la structure. Rien de plus simple. On lisse le mur à la main ou à la truelle, on tasse à grandes claques, bref, on improvise sur le tas. Ou bien on fixe des planches et on remplit de torchis, puis on laisse sécher, puis on remonte les planches au dessus et ainsi de suite jusqu’en haut.
Le torchis a été très employé dans la construction. Les murs de la classique maison à colombages sont le plus souvent montés en torchis, parfois avec des pierres, des galets ou des morceaux de briques dans leur partie basse pour consolider leur assise et minimiser les infiltrations d’eau.
Très souvent, et particulièrement avec les grandes sufaces, le mur ou la cloison en torchis demande une armature interne. Pour cela, on fixe de fines branches, des baguettes ou planchettes refendues au centre de l’épaisseur du mur, un rideau en quelque sorte. Il peut d’ailleurs être acheté tout prêt, en osier ou en roseau. Ce rideau végétal doit être suffisamment troué d’intervalles pour que la terre passe facilement au travers et se colle à elle même sur les deux faces. Le rideau sert à s’appuyer pour l’application du torchis et constitue une armature du mur qui le rend solidaire en son enfler.
Avec le torchis, le temps qui est pris en plus pour l’édification des murs est compensé par le temps gagné en pose d’isolant. Et puis son séchage est assez rapide, contrairement aux briques de terre massives qui rendent la maison très humide pendant plusieurs mois.
À propos de séchage, les retraits sont habituels et des interstices apparaissent souvent entre le torchis et la structure. Il faudra les boucher avec soin ultérieurement, avec un torchis bien souple et riche en paille.
Le torchis est une solution de construction aussi valable aujourd’hui qu’hier et qui reste financièrement et écologiquement très économe. A condition de mettre les torchis à l’abri des intempéries, voilà une technique de construction quasi irréprochable et qui apporte aux habitants un confort naturel évident.

