Le pisé
Dans les pays chauds, le pisé est très employé car la terre conserve la fraîcheur que l’on a fait rentrer durant la nuit. Là encore, pas d’achat ni de transport de matériau, on fait avec les ressources locales et c’est bien.
Le pisé permet d’édifier des murs solides et autoporWurs.
Nul besoin de structure. Ils ont d’excellentes performances en isolation acoustique. Il faut dire que le pisé, c’est de la terre crue fortement compactée sur place. La pâte est la même que d’habitude, avec un minimum de fibres végétales pour l’armer, mais les murs sont montés grâce à des coffrages que l’on bourre du mélange de terre. Le coffrage, et donc le mur, doit avoir une largeur suffisante pour qu’un homme puisse s’y tenir debout pour remplir et damer. On dispose une couche de dix à quinze centimètres de terre, ensuite on tasse au pied ou mieux à la dameuse manuelle, c’est le banchage. On laisse sécher, puis on rajoute une couche et ainsi de suite jusqu’au haut du coffrage.
Ce coffre de banchage est constitué de grandes planches serrées de part et d’autre du mur par de grands serre joints. L’écartement est maintenu par des entretoises en bois entre les deux côtés. Elle définissent donc la largeur du mur, environ cinquante centimètres. On les enlève quand elles gènent, ou lorsque le coffrage est assez rempli pour se maintenir en place tout ,mais on peut aussi bien laisser ces entretoises en place dans le mur. Elles permettront de fixer des étagères ultérieurement sans détériorer mur lui même. Quelquefois les entretoises sont de vraies poutres qui tiennent le coffre de banchage et elles laissent des trous typiques dans le mur.
Quand on a remplit les banches, on les déplace d’un cran et on recommence. En fait, on fabrique ainsi des briques géantes les unes à côté des autres, en place, ce qui donne des murs massifs, épais et sans joints. Chaque banchage représente habituellement un parallélépipède de trois mètres de long, un mètre de haut et cinquante centimètres d’épaisseur.
La couleur de la terre donne sa couleur au mur et les maisons de pisé, en France, vont du beige au brun en passant par des jaunes d’or magnifiques. Ii est facile d’enduire un mur de terre avec des enduits de finition de terre également. Ça fient très bien quand le pisé n’a pas été lissé.
Les murs de pisé doivent être très épais pour ne pas se refroidir trop vite en hiver. Ils peuvent être calculés pour jouer un rôle de déphasage thermique. Voir au chapitre Architecture, bioclimatisation, implantation. On peut évidemment les isoler par l’extérieur, ce qui sera le mieux.
Cette technique de construction, comme les autres techniques de terre, n’aime ni la pluie, ni l’humidité. Le toit de la maison devra donc déborder suffisamment pour abriter les murs. On bien alors, on réservera la construction en pisé à des cloisons intérieures.
À LIRE :
’Bâtir en pisé, technique, conception, réalisation’
Cahier technique de J. Jeannet, B. Pignal et P. Scarato, Editions de Pisé Terre d’Avenir, 1998,51 p., 11,43 euros. Ce document bien illustré présente l’information utile à celui ou celle qui veut construire en pisé. Les thèmes traités sont les généralités, le matériau terre, outillage et main d’oeuvre, construction du projet.
"Le Pisé, patrimoine, restauration, technique d’avenir"
J. Jeannet, B. Pigna !, G. Pollet et P. Scarato, Editions Créer, 1993, 122 p., 15 euros. Le patrimoine bâti en terre crue est chose répandue à travers le monde. Des exemples choisis en France illustrent les particularités de ce matériau et des fiches techniques montrent comment restaurer le bâti ancien en pisé. Enfin, des exemples de constructions récentes sont présentés.

