La maison de rondins ou de madriers
Nous savons que les maisons de bois massif, en rondins ou en madriers, sont les moins chères à construire en autoconstruction. En effet, le matériau bois massif remplit toutes les fonctions et se suffit à lui même. Il protège, soutient, décore, permet toutes les fantaisies architecturales et les extensions ultérieures. Il isole aussi, douze fois mieux que le béton, ce qui permet la construction de murs assez étroits qui font gagner beaucoup de place au sol.
Les madriers déjà débités sont prêts à l’emploi et faciles à monter. Us coûtent plus cher que les troncs d’arbre mais donnent un aspect très différent. Les murs sont plats à l’intérieur comme à l’extérieur, contrairement aux murs en rondins. Les madriers sont souvent rainurés de façon à s’enclencher les uns dans les autres et leur montage permet de créer les cloisons en même temps que les murs. Ils demandent souvent une isolation supplémentaire à moins de dépasser vingt centimètres d’épaisseur. Le montage est très aisé, simple et sans surprise, partout le même, réalisable avec une bonne scie électrique, sans même un clou ni une vis pour le principal. Rappelons que la construction en bois autorise une fixation facile des équipements ét des canalisations, une très grande efficacité de l’isolation thermique, et tout l’agrément d’un matériau naturel. Construire en bois autorise les petites erreurs et malfaçons. On peut réparer, corriger et refaire sans trop de problèmes. La solution d’une maison de madriers sur une chape béton/paille est recommandable à tous les autoconstructeurs qui ne peuvent s’investir dans un apprentissage ou qui souhaitent s’abriter vite sans grand souci de finition. Car enfin, une telle construction est tout de suite habitable, pratiquement finie à peine montée. Le plus souvent, c’est par l’extérieur que se font les ajouts comme la plomberie, l’isolation ou le bardage. Une maison de madriers de bois massif rabotés et rainurés, c’est à la portée de tous.
Les maisons de rondins bruts ou fustes ou de bois rond, elles, ont un charme particulier que beaucoup trouvent irrésistible. Elles donnent une sensation de confort unique et ont l’avantage de leur coût. Un rapport qualité/prix extrêmement favorable. Dans les régions boisées, l’achat de troncs d’arbre bruts est très économique. De plus, c’est une technique de construction très rapide puisqu’une fois les rondins empilés, la maison est terminée et ne demande plus qu’une protection externe avec une lasure biologique. Un habitat accessible à tous, aussi bien en termes financiers qu’en termes de mise en oeuvre.
Mais elles supposent la maîtrise d’une technique très particulière. On se pose beaucoup de questions. Comment faiton pour écorcer ? Comment taille t on une gorge dans la longueur du tronc ? Et bien d’autres encore. Heureusement, des livres, des cassettes vidéo et des stages permettent de se former à l’art spécifique de ce genre d’ouvrage et de maîtriser le compas, la tronçonneuse et les quelques connaissances de montage. On apprend donc que la maison va se déformer, de combien et comment parer à son affaissement certain et même souhaité. Il est par exemple nécessaire de prévoir de profonds espaces creux au dessus des portes et fenêtres car sinon elles se feraient écraser par les troncs supérieurs. Il faut calculer à l’avance la déformation de l’édifice et concevoir tous ses aménagements en fonction de cette évolution. L’empêcher est quasiment impossible et peu souhaitable d’ailleurs puisque l’étanchéité entre les troncs s’en améliore grandement et que, bien maîtrisé, cet écrasement améliore l’esthétique et l’efficacité de l’édifice.
II y a ainsi pas mal de choses à savoir pour réussir un tel projet et si la maison de bois rond attire les autoconstructeurs, ils doivent savoir qu’un apprentissage est impératif et que la seule lecture des livres ne suffira pas. Mieux vaut essayer durant un stage et voir si on y arrive vraiment.
La maison, avec ses gros rondins en saillie aux angles, a un cachet typique qui incite à l’érection d’une large cheminée ouverte de style canadien. C’est cohérent au plan architectural, bien agréable et tout. Ça peut d’ailleurs finir en ruines typiquement canadiennes elles aussi la silhouette solitaire du bâti de la cheminée noirci et fumant... Sérieusement : à maison de bois, risque réel d’incendie et donc chauffage basse température, au gaz pour les citadins ou, mieux encore, un chauffage radiant type poêle de masse au bois dans les régions forestières ou bien plancher solaire direct dans les régions très méridionales et dans le cadre d’une bonne conception bioclimatique.
Malgré leurs quelques inconvénients les maisons de bois massif sont séduisantes. Leur disponibilité en kit livrable partout en France à des prix raisonnables les rend accessibles à tous pour un minimum de souci. Leur aspect final peut toujours être transformé pour se conformer à la législation et à la culture locales. Mais si l’on n’aime pas plus le bois que cela, l’argument financier reste le seul déterminant et alors, c’est seulement en autoconstruction que l’opération devient rentable, les maisons posées à terminer et les kits complets étant encore assez onéreux dans notre pays.
À LIRE
‘La Maison de bois rond’
André Julien, Éditions de Mortagne, 1985, 108 p.
La technique de construction scandinave dans le détail. Toute la méthode pour édifier une maison en rondins de bois. L’art et la manière de tailler à la tronçonneuse, de réaliser les emboîtements, l’étanchéité, les portes et fenêtres. Illustré de plans, de schémas et de données chiffrées, ce livre est indispensable à l’autoconstructeur tenté par le bois rond, technique très économique au charme particulier.

