Géobiologie, radiesthésie 3
Ne voulant nous facher avec personne, nous éviterons de rentrer ici dans le détail des fourmillantes théories de l’invisible que brassent avec délice les tenants de ces disciplines. Ils sont les seuls à mêmes de raconter leurs méthodes, limites et facultés, chacun ayant les siennes propres et nous nous garderons bien ici de choisir entre la lithoponcture et les tracés régulateurs pour obtenir un résultat capable d’harmoniser quelque chose dont nous ne savons rien mais que certains pensent dominer. La seule définition qui mettra tout le monde d’accord la géobiologie est la science des influences de la Terre sur les êtres vivants.
À dire vrai, il en est aujourd’hui de ces connaissances subtiles comme de la découverte du Nouveau Monde. Nous savons qu’il existe des plans énergétiques et des forces impalpables qui, sans doute, président à l’organisation de l’unive’rs. Tout comme nous savions, il y trois mille ans, que la Terre était ronde. Puis, il y eut les explorateurs intrépides qui revenaient d’Amérique, la tête pleine de sensations inconnues et la bouche, d’histoires à raconter. Certains avaient vu des monstres jaunes, nus, imberbes et coloriés, tandis que d’autres avaient vu des humains. Certains avaient mangé de l’ananas tandis que d’autres avaient chassé le renne. Certains avaient trouvé des mers d’eau douce au bord de la côte, tandis que d’autres comprenaient qu’il s’agissait de l’Amazone. Certains avaient pénétré des jungles marécageuses quand d’autres avaient escaladé des montagnes neigeuses.
On disait tout et son contraire. Les voyageurs relataient des faits et phénomènes réels mais aucun n’avait raison quant aux causes et conséquences de ces observations. On allait chercher de l’or et on revenait avec des plantes nouvelles pommes de terre, chocolat ou tabac. On croyait qu’il s’agissait d’un autre univers jusqu’à ce qu’il devienne notre jardin potager. On rêvait monts et merveilles et on finissait, comme ailleurs, par labourer la terre ou la creuser péniblement.
Alors, concernant les phénomènes énergétiques qui fascinent tant nos contemporains, l’analogie est grande. Que saiton au juste des réseaux Hartmann ou Curie qui, il est vrai, emballent notre planète comme un filet ? Ces résilles énergétiques sont détectables, mais il est un peu hâtif de leur attribuer des vices ou des vertus spécifiques. Comment distinguer ce qui est bénéfique de ce qui est nocif ? D’ailleurs, avons nous tous les mêmes réponses aux mêmes stimuli ? La sagesse nous enseigne qu’un point noir perdure toujours dans le grand blanc et vice versa. Jouer avec ces forces, les diriger, les capter ou les écarter, est ce maîtrisable ? On .veut les dévier, par exemple, mais que deviennent elles ensuite ?
Est ce que ces sciences du futur peuvent être transmises ? Certes, l’humanité en parle depuis toujours et, à certaines époques, il est fort concevable que des spécialistes avaient acquis un certain savoir en la matière. Oui, mais voilà, dans nos contrées, les légions romaines, les cavaliers des steppes, les inquisiteurs et les philosophes du XVIIPmC siècle se sont chargés d’anéantir toutes les subtiles, complexes et sages connaissances anciennes, accusées d’un même crime suprême : survivre d’une époque païenne. "Qui veut tuer son chien l’accuse de la rage".
Aujourd’hui, il semble bien que seule l’expérience de terrain donne à certaines personnes la capacité de distinguer et de comprendre la réalité d’un phénomène énergétique. Ce ne sont pas les livres actuels sur le sujet qui peuvent enseigner ce type de savoirs, tant ils font appel aux croyances et aux témoignages individuels. Ce ne sont pas non plus les appareils lectroniques qui peuvent donner confiance car c’est un peu comme si l’on avait voulu mesurer le Nouveau Monde avec une balance à peser les sacs de grain. Connaître l’intensité d’un champ électromagnétique renseigne sur la présence et la force d’un champ électromagétique et c’est tout. L’utilisation d’appareils de mesure rassure mais ne dit rien des influences telluriques. Et l’on voudrait parfois les atténuer sans même savoir si le soi disant mal qu’elles font à l’un n’est pas un bien pour quelqu’un autre.
Bref, nous en sommes au stade des apprentis et il coulera encore pas mal d’eau sous les ponts avant que la géobiologie et la radiesthésie ne deviennent des sciences exactes. Par contre, il est certain que c’est une voie à suivre et que les pionniers d’aujourd’hui préparent le terrain des générations futures qui sauront probablement un jour domestiquer ces forces de la nature, aussi bien que nous avons déjà appris à en maîtriser d’autres, de celle de l’éléphant à celle du vent.
Malgré ce qui vient d’être écrit, il faut reconnaître que les meilleurs sourciers et radiesthésistes savent réellement déterminer les circulations d’eaux souterraines. Or, chacun ressent assez bien que vivre au dessus d’un courant d’eau peut être désagréable, voire néfaste à la longue. Aussi, à la recherche de la meilleure implantation possible, est il effectivement précautionneux de demander à un spécialiste de déterminer l’éventuelle présence d’eau en sous sol et d’évoquer les risques qu’elle peut représenter pour l’habitation tout d’abord, pour ceux qui vivront dedans ensuite. Il faut mentionner aussi un nombre très important de témoignages sincères de personnes ayant retrouvé une meilleure santé simplement en changeant leur lit de place, sur les conseils d’un géobiologue. Quant au reste, chacun appréciera.

