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 Configuration du terrain, géologie

Il est très important de savoir sur quel terrain on va édifier son habitation car, selon sa nature et ses inévitables mouvements, la création d’une maison peut être rendue impossible ou même dangereuse. Des problèmes peuvent surgir qu’il était impossible de soupçonner sans une étude géologique sérieuse. Celle ci représente donc un préalable à tout projet.

Parfois, il en ressort que l’édification est réalisable, mais avec un surcoût important qui peut atteindre des proportions décourageantes. Dans des situations normales et comptetenu des édifices du voisinage, il est facile de s’assurer de la qualité géologique du terrain. Mais dans certains cas, le conseil d’un architecte ou même d’un expert en géologie est fortement recommandé. L’institut Géographique National, l’ION, fournit des cartes géologiques précises. Le BROM, dont nous fournissons les coordonnées, est en mesure de renseigner sur le comportement d’un terrain ou la présence de cavités souterraines menaçantes.

Un sol argileux est aisément conformable mais l’argile a malheureusement une certaine capacité d’absorption de l’eau, comme une éponge, et cela peut occasionner de graves détériorations d’un bâtiment. En effet, avec l’humidité, l’argile gonfle et, à la sécheresse, se rétracte suffisamment pour provoquer des lézardes dans les murs ou le fendillement d’une chape de béton. II en est de même avec la plupart des sols mçubles. Il faut donc creuser des fouilles assez profondes pour ne pas subir l’influence du dessèchement.

Généralement, les sols sédimentaires, argileux ou limoneux, et tous les sols fins, doivent êtres creusés assez profondément pour trouver la couche marneuse dure et compacte qui servira de socle naturel. Si cette couche est proche, le décaissement des terres de surface permettra la pose de fondations à plat. Dans ce type de sol, les fondations doivent être rigides et armées de fers à béton. Si la marne dure est enfouie en profondeur, on creusera des puits qui, une fois remplis de béton armé, deviendront des piliers de soutènement d’une dalle, elle aussi très armée. Toutefois, sur un tel sol, une construction légère est préférable. Une maison de bois sur pilotis et ces pilotis posés sur une cadre périmétrique de béton armé formeront un ensemble léger et suffisamment rigide pour ne pas glisser, ni s’enfoncer.

Les sols plutôt sableux sont plus problématiques encore car ils ne doivent absolument pas subir les effets de l’eau.

Toutes les précautions utiles doivent être prises pour qu’aucun ruissellement n’ait lieu, aussi bien en surface qu’en profondeur. La régularité des grains de sable rend le sol fluide et instable. Un rien peut l’entraîner. Attention à ce type de sol qui ne présente aucune garantie de stabilité, même en profondeur. Voyez ce qui reste des blockhaus allemands le long de nos côtes. Après cinquante ans seulement et malgré leur incroyable solidité, ils ne sont plus que de gros cubes renversés sur la plage.

Un sol rocheux a le gros avantage d’une stabilité absolue. Mais alors, n’y a t il pas d’autres rochers en surplomb r aux alentours ? Si oui, demander à la mairie et à la DDE ce qu’elles pensent des risques d’éboulement. Si la sécurité n’est pas menacée, alors un terrain rocheux est une bonne garantie de solidité de l’édifice. Par contre, les travaux de terrassement et d’enfouissement des canalisations peuvent devenir herculéens et donc ruineux. Creuser une cave est un défi à la nature. Seule solution raisonnable, rajouter des pierres dans les creux et les sceller au béton pour aplanir les endroits qui le demandent. Une chape normale terminera l’ouvrage. Attention à ce type de construction : les pierres sont lourdes et il se peut qu’on ait besoin d’en rajouter beaucoup pour réussir l’assise du bâtiment. Le socle obtenu devrait faire un talus oblique en périphérie pour ne pas se détériorer avec le temps sur ses bords les plus hauts. Pensons aux châteauxforts. Lorsqu’un terrain a été remblayé, il faut de nombreuses années avant qu’il ne se stabilise totalement ; nombreuses, nombreuses. Même ancien un remblai n’a pas la compacité d’un sol qui s’est constitué au rythme des temps géologiques. Tout dépend évidemment de l’épaisseur du remblai, mais d’une façon générale, il se tassera forcément et, à ce mor ment là, la construction posée dessus se fissurera gravement. y Seule une maison en bois sur pilotis peut espérer suivre les déformations d’un terrain sans s’écrouler tout de suite. Pour les maisons en dur, sans déformation possible, le moindre enfoncement du sol se traduira par une catastrophe. Le poids de la construction ne compte pas puisqu’un remblai se tasse de toutes façons sous son propre poids. Les remblais récents sont encore plus instables caf constitués de matériaux hétéroclites, dont des matériaux de construction comme les isolants en polystyrène qui mettront des siècles à se mélanger avec la terre.

À proximité des fleuves, marais ou estuaires, on doit s’assurer qu’il n’existe pas une couche de tourbe en sous sol. En effet, celle ci est trop meuble pour supporter des charges, même légères, et une simple maison individuelle peut s’y enfoncer. De plus, un tel sol est en général gorgé d’eau et obligerait à des fondations de luxe.

Un terrain plat n’est pas forcément innocent. Il peut très bien avoir fait l’objet d’un remblai ou bien cacher des défauts comme l’affleurement de la nappe phréatique. Parfois, une différence d’un ou deux mètres d’altitude entre le terrain du voisin et celui à bâtir n’est pas perceptible mais, si l’un reste au sec, l’autre peut se transformer en mare à chaque pluie. Si la maison stagne à chaque fois dans l’eau, elle s’abîmera vite.

Les glissements de terrain sont fréquents dans la nature, surtout au pied des montagnes ou sur les terrains argileux en pente. On peut les deviner lorsque des arbres sont penchés. La présence de fissures dans le sol en amont et de bourrelets de terre en aval est la confirmation d’un glissement. Selon l’allure de ces traces, ont peut deviner si elles sont récentes ou non, et si les arbres se sont redressés, par le milieu de leur tronc et non à la base, c’est que quelques années ont passé. Les glissements de terrain ne sont pas gênants pour les vaches mais peuvent évidemment briser un bâtiment petit à petit et le faire tomber en mines. Parfois, le glissement a lieu doucement et souplement et la maison se déplace de quelques centimètres voire de quelques mètres, sans subir aucun dommage. C’est rare mais ça arrive. Un terrain sujet aux glissements sera systématiquement rejeté.

Savez vous ce qu’est un fontis ? C’est une cavité souterraine, naturelle ou consécutive à l’exploitation de carrières ou de mines. Certaines régions ont connu des activité minières importantes, y compris dans notre lointain passé et la plupart de ces cavités n’ont pas été rebouchées ensuite. La Région parisienne est un véritable gruyère et on y a vu des constructions disparaître dans le sol comme dans un sablier géant. Pfffuit ! Méfiance donc dans les zones connues pour les trous dans leur sous sol. En effet, avec le temps, le plafond de ces trous s’effondre. Si le fond se remplit, le plafond continue à tomber au fur et à mesure et la cavité remonte lentement comme une bulle d’air vers la surface. Arrivée làhaut, devinez ce qu’il en advient. Badaboum !

Il faut donc observer les maisons voisines et regarder si elles sont fissurées. Si oui, il est essentiel de connaître l’origine de ces désordres et d’en tirer les conclusions.

Attention aux arbres ! En période de sécheresse et lorsque le terrain est argileux ou limoneux, leurs racines pompent toute l’eau dont ils ont besoin et elles vont la chercher là où elle se trouve, y compris sous la maison. Mors, le sol se rétracte et, rendu friable par la sécheresse, il devient fragile. Les arbres devraient toujours être plantés à plusieurs mètres de distance des bâtiments. Traditionnellement, on les plaçait de façon à ce que leur feuillage adulte reste à deux ou trois mètres de l’édifice, soit le tronc distant de cinq à dix mètres, selon l’espèce. De plus, les feuillages qui touchent les bâtiments aident certains animaux à s’installer dans nos greniers, comme les loirs, par exemple, pour qui un arbre penché sur une maison constitue une formidable aubaine.

Ce qui est vrai pour les arbres l’est aussi pour les drains. Lorsqu’une maison est posée sur un sol humide ou bien au bas d’une pente où se déversent les eaux de pluies, on est tenté de creuser des tranchées tout autour de chez soi et d’y enfouir des drains pour se préserver de l’humidité. Mais, une fois de plus, le "mieux est l’ennemi du bien" et un drainage trop efficace peut assécher la terre à l’excès. Les drains devront donc être posés à un ou deux mètres de l’habitation, pas moins, pour que le sol conserve sa normalité naturelle et ne connaisse pas des écarts trop brutaux de ses caractéristiques physiques.

Le terrassement d’un terrain en pente pour aplanir l’assise d’une construction représente un risque réel de déstabilisation. On creuse le talus et c’est la colline qui s’affaisse. On rajoute une butte de protection au pied de la pente et l’eau se trouve coincée, ce qui va ramollir le terrain. On a taillé de la roche, mais elle est faite de couches de différentes densités et les blocs les plus durs vont s’expulser comme des noyaux. On construit à mi pente mais la surcharge provoque des glissements. Pas facile de connaître à l’avance les conséquences d’une modification de terrain. Seuls des géologues ou des architectes expérimentés peuvent apporter un conseil assez éclairé pour garantir un terrassement adéquat.

 

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