Voisinage, mairie, notaire, géomètre...
Difficile de tout repérer tout seul. Avant d’acheter un terrain, il est profitable d’interroger les personnes bien informées, pour détecter des vices cachés et éviter les surprises.
Demander tout d’abord aux voisins quel était l’usage du terrain. Il est possible qu’un usage agricole ai tué le sol. L’épandage de pesticides le rendra très difficile à végétaliser par la suite. Peut être le terrain a t il servi à entreposer des bidons ou des produits phytosanitaires, très dangereux lorsqu’ils sont concentrés. Peut être servait il de parking à carcasses automobiles, ce qui n’est pas génial non plus.
Les voisins sont les mieux placés également pour parler des nuisances sonores, des vents locaux, mais surtout des risques d’inondations dues aux crues de rivières. Ils savent également si la présence d’eaux souterraines est susceptible d’inonder une cave à certains moments de l’année. Le niveau élevé de la nappe nécessitera alors la construction coûteuse d’un sous sol étanche en béton.
Les voisins peuvent encore témoigner des habitudes des habitants du quartier, des facilités de transport éventuelles, du temps exact qu’il faut pour aller travailler en ville. Auprès d’eux, il faut se renseigner sur l’environnement du terrain, comme la présence d’un site contaminé, d’une ancienne décharge par exemple, ou d’un site industriel qui sait parfois se faire discret. La proximité d’un transformateur électrique est repérable aux lignes qui y aboutissent mais reste parfois bien difficile à deviner quand celles ci passent dans la chaussée, ce qui se fait de plus en plus.
Un terrain sous le vent d’un incinérateur d’ordures ménagères a de fortes chances d’être pollué à la dioxine. S’il est proche d’une usine, en activité ou abandonnée, il serait prudent de faire analyser un échantillon de sol, car les fumées, aujourd’hui filtrées à peu près partout, ont pu laisser des substances toxiques auparavant.
Certaines pollutions ont été d’ailleurs escamotées et de meurent inconnues. Enfin.., inconnues... Le facteur circule partout et voit tout. Au café du village, on aura sûrement entendu parler du remplissage nocturne de cavités souterraines, d’expéditions suspectes dans des mines abandonnées, et de curieux allers retours de camions faits dans la discrétion. Mais les langues se délient à l’apéritif et le patron du café est souvent le dépositaire involontaire des mésaventures et scandales locaux. Plus l’affaire a été entourée de secret, plus on a de raisons de s’en inquiéter. Mais tout finit par se savoir un jour et une enquête auprès du boulanger ou du coiffeur local peut très bien donner ses fruits. Quant à monsieur le curé, il est un peu débordé aujourd’hui pour prêter l’oreille aux détails de la vie de ses ouailles et il n’est plus le confident qu’il fut autrefois.
La mairie possède les archives des différentes occupation des sols et elle est la première à connaître les projets de construction capables de boucher la vue ou de troubler le calme et l’usage familial du terrain. Mais quand elle les connaît, c’est qu’ils sont déjà bien engagés. Aussi le plus prudent est il d’interroger directement les voisins sur leurs projets éventuels de construction ou d’aménagement de terrain. S’ils envisagent une extension ou un rehaussement, tentons de savoir comment et où ils seront bâtis pour en deviner les conséquences probables.
La toponymie révèle parfois la nature profonde d’un lieu. "La bouzigasse" a de fortes chances d’être un lieu humide, "La grenouillère" aussi. Par contre les "Miélan", "Milan" ou "Melun", ont été choisis par les druides pour leur force tellurique. "Aux quatre vents" ou "Al bent" risquent fort d’être mal abrités. Un dictionnaire de patois confirmera le sens, parfois difficile à saisir, d’un nom de lieu.
Lorsque l’on est sur le point de signer l’acte d’achat d’un terrain, les rendez vous préalables avec l’agent inunobiDer, le notaire et le géomètre seront l’occasion d’en savoir encore un peu plus. En effet, ces professionnels sont bien placés pour connaître les spécificités des terrains de leur zone d’activité. Ils sont parfois partie prenante dans des litiges ou bien consultés comme experts, et leur expérience des problèmes de propriété leur confère une vision d’ensemble irremplaçable. Le notaire et le géomètre sont des professionnels dont la responsabilité légale est entière. Ils ne peuvent donc en principe que répondre franchement à une question directe. Aussi, n’hésitons pis à les consulter avec précision sur la qualité de l’environnement du lieu pour lequel ils sont mandatés d’une mission.

