Observation d’un terrain
II y a des nuisances qui sautent aux yeux la proximité de lignes électriques à haute tension, de tours de transmis sions hertziennes ou de téléphones portables, sont des indices certains de fortes pollutions électromagnétiques. Leurs conséquences sur la santé sont de mieux en mieux connues et mesurées. EDF a d’ailleurs réalisé une étude sur l’impact des lignes à haute tension et reconnaît officiellement les effets de celles ci. C’est même la seule nuisance à l’environnement dont notre compagnie nationale reconnaît la responsabilité. Elle est évidente dans les élevages. Vivre près de ces installations est nuisible, même si les ondes électromagnétiques sont normalement indécelables sans appareil de mesure. Certaines personnes en ressentent néanmoins l’inconfort de façon perceptible et ne pourront jamais s’y habituer.
La présence de routes à forte circulation implique forcément des nuisances sonores. Habiter près des voies de circulation nest pas agréable mais, par une bonne conception architecturale, ce défaut peut être contenu. Ceci dit, la pollution du trafic, elle, reste impossible à contrôler vraiment : les vents peuvent tourner et leur absence augmente la concentration des polluants dans l’air. Parfois, une route éloignée ou un chemin de fer distant provoquent néanmoins un bruit important. Cela peut venir d’une vallée encaissée ou de la direction des vents qui apportent les sons. Dans tous les cas, on évitera les risques de gêne du côté où l’on compte ouvrir la maison à son jardin. Terrasses, baies vitrées et pergolas seront orientées vers la zone la plus calme du voisinage.
Lignes électriques, routes, proximité d’une usine ou d’une école, tout cela est facile à constater. Mais les nuisances se cachent bien quelque fois et il serait prudent de séjourner un peu sur son terrain pour s’en rendre compte. Camper un an sur place, disions nous, c’est peut être un peu contraignant, n’est ce pas ? Mais venir chaque jour pendant une semaine et dormir une ou deux nuits sur place ne semble pas de trop. Mieux vaut en effet passer une éventuelle nuit blanche que de ’engager trop avant dans un projet qui pourrait décevoir.
Il est indispensable de venir observer son futur terrain plusieurs fois et à des heures différentes pour bien repérer la course du soleil et la direction des vents dominants. Si l’on n’a pas pu venir à différentes saisons et que l’on n’est pas très calé en astronomie, mieux vaut commander une étude d’ensoleillement à un architecte, par exemple. Car si le lever du soleil dans la cuisine les matins d’été procure un plaisir certain, il faut tenir compte des réalités et bien s’assurer qu’au mois de juin, il ne soit pas tellement près du nord est que ses rayons soient masqués par un obstacle qui aurait paru très lointain au mois de janvier.
L’ensoleillement du terrain peut être également perturbé par les masques créés par les bâtiments voisins et la végétation alentour qu’on ne peut couper. D’autres masques de verdure seront sans doute créés, pour se cacher des voisins, par exemple, et leur hauteur et emplacement futurs sont à intégrer dans une étude d’ensoleillement. Celle ci consiste en effet à calculer la portée de l’ombre de ces masques selon les heures de la journée et en fonction des saisons. Ces zones sont reportées sur une carte et c’est en fonction des résultats obtenus que l’on saura exactement où placer son habitation.
L’orientation du bâtiment au sud ou au sud sud ouest semble dans de nombreux cas, nous l’avons vu, la disposition idéale. Mais ce n’est qu’en tenant compte du soleil, des vents et des pentes éventuelles du terrain qu’il sera possible de concevoir efficacement une habitation, à partir de son implantation optimale et donc de son environnement immédiat.
Pour capter les énergies douces, soleil et vent sont de première importance. L’eau chaude, le chauffage solaire, l’électricité photovoltaïques ne sont possibles qu’en plein lumière et de grands arbres tout autour de l’habitation empêcheront ces systèmes de donner de bons résultats. De même, une éolienne, même dans un coin venteux, ne sera vraiment rentable que si le vent est régulier, peu turbulent, fort et fréquent, ce qui ne se trouve pas partout.
La conformation d’un terrain joue un rôle principal pour gérer l’eau de pluie et l’assainissement. Les écoulements naturels ne doivent pas endommager les constructions et mieux vaut savoir ce qui se passe sous un orage. Oui, ce serait bien d’aller voir sur place pendant une grosse averse et de noter le passage des flux d’eau de pluie. Il est plus facile de les détourner que de s’y opposer. Une construction qui fait barrage aux écoulements de surface ou souterrains sera humide et s’abîmera. Elle risque même de s’enfoncer du côté humide et de basculer peu à peu à la longue.
La pente peut être mise à profit pour assurer les écoulements gravitaires. Si la maison est postée en haut, l’eau tombée sur le toit pourra facilement être stockée au pied du bâtiment pour servir, en contrebas, à l’arrosage du jardin et du potager. Logique. De même, les évacuations sanitaires seront efficaces ou difficiles selon la dénivelée entre le plancher de la maison et le réseau d’égouts. Il est recommandé une inclinaison de deux centimètres par mètre, ce qui veut dire que les évacuations sanitaires devront surplomber le point de raccordement aux égouts de deux centimètres supplémentaires à chaque mètre de distance. Si la maison est à cinquante mètres des canalisations du réseau, elle devra être au moins un mètre plus haut.

