Bien frappée, la maison, s’il vous plaît !
considérables et il est fortement recommandé de conserver une lame d’air entre les tuiles et le pare pluie qui recouvre l’isolation pour permettre à l’air de circuler et d’évacuer les calories. L’utilisation de tuiles de bois, les bardeaux, est l’une des façons les plus efficaces de climatiser une habitation en toutes saisons. Une toiture végétale constitue également une excellente solution pour éviter les températures extrêmes auxquelles un toit est généralement soumis.
Une toiture a toujours intérêt à être bien ventilée. Aussi les tuiles faîtières goudronnées ou scellées ne sont elles pas une bonne habitude de construction même si tous les maîtres d’oeuvres souhaitent réaliser le faîte du toit avec un grand souci d’étanchéité. Pourtant, il serait judicieux de créer une ouverture au sommet de la maison pour laisser partir l’air chaud sous toiture et celui qui s’accumule à l’intérieur et en haut de l’habitation. Certains créent de véritables boîtes de climatisation à cheval sur le faîte, qui évitent tout autre système électrique de ventilation ou de rafraîchissement. Dans une maison bioclimatisée, une telle ventilation, simple, gratuite et efficace, offrira un confort inattendu sans appareillage particulier. A la construction, un faîtage de ce type représente une dépense un peu supérieure à une étanchéification classique mais elle apporte un bien être irremplaçable qui évitera l’achat ultérieur de ventilateurs électriques.
Cette ventilation au toit par effet de cheminée, importante, permanente et gratuite évitera la surchauffe par les tuiles. Elle permettra également de fermer portes et fenêtres lors des absences sans faire mourir le chat, les plantes et les poissons rouges dans une maison transformée en sauna. La prolifération des moisissures et champignons sera contrariée, la vapeur d’eau évacuée, etc. Les avantages sont nombreux.
Il faut toutefois pouvoir moduler cette ventilation en toiture, forte l’été pour climatiser le logement, faible l’hiver pour minimiser les pertes caloriques. Les ouvertures vers le faîtage doivent pouvoir être occultées si besoin.
La ventilation est pratiquement le seul moyen simple de rafraîchir une maison. Mais, même lorsque les régies de la convection thermique sont bien appliquées, la mécanique des fluides est tellement complexe qu’elle en devient imprévisible. Autrement dit, on aura bien sûr prévu sa ventilation en pensant à la montée de l’air chaud et à son évacuation par le haut mais le résultat sur chaque pièce reste aléatoire. Il faut donc prévoir les entrées d’air autant que leur sortie. Pour aller chercher la fraîcheur là où elle se trouve, des trappes seront aménagées au bas des murs du rez de chaussée, côté nord, dessous et derrière les meubles de la cuisine par exemple. Cette ventilation ne fera pas de mal de toutes façons, puisqu’autour de l’évier, l’eau coule souvent dans des recoins inaccessibles et a besoins de sécher rapidement.
A la limite, il serait astucieux de percer des trappes au bas de tous les murs dans chaque pièce, remplies d’isolant durant l’hiver et ouvertes en été, et d’attendre de vivre un année chez soi pour commencer à boucher celles qui ne serviraient à rien. Gageons que ces trappes seront toutes conservées.
La création et la disposition des portes et volets est à étudier soigneusement car elle contribue à améliorer ou détériorer le confort thermique. Dans les régions froides, ces menuiseries auront intérêt à être elles mêmes isolantes mais, dans les régions chaudes, elles devront apporter de l’ombre sans freiner la circulation d’air et seront par exemple ajourées de persiennes orientables. Le sens de leur ouverture par rapport aux vents dominants peut favoriser les courants d’air et il serait judicieux de pouvoir moduler l’entrebâillement d’une fenêtre et de ses volets avec des dispositifs de réglage comme il en existe couramment.
La végétalisation des façades d’un bâtiment crée un écran idéal pour protéger des ardeurs solaires. En effet le couvert végétal, comme pour les pergolas, a plusieurs avantages. Les plantes perdent leurs feuilles au bon moment, elles laissent circuler l’air, leur teinte sombre absorbe le rayonnement lumineux mais surtout les plantes sont vivantes, absorbent les poussières, ionisent l’air négativement par tribo électricité, oxygènent leurs alentours, consomment du gaz carbonique et surtout elles transpirent de l’eau. L’évapotranspiration des feuilles refroidit l’air environnant. Sans rentrer dans les détails, considérons qu’une façade végétalisée est une solution naturelle idéale pour la bioclimatisation, dont les qualités biotiques et les bienfaits vont bien au delà.
Certains bricoleurs ont installé des brumisateurs d’eau sur leur toit ou dans leur cour intérieure. Vu que l’évaporisation de l’eau dégage des frigories, il est assez intéressant d’installer des tuyaux finement percés, de les disposer au haut d’un mur ou bien au faîte du toit et de les utiliser pour faire couler de l’eau sur une surface au soleil. Le débit doit permettre que l’eau ne s’écoule pas à perte mais soit entièrement vaporisée. On peut ainsi faire baisser la température des tuiles d’argile de sa maison jusqu’à quarante degrés de moins, ce qui change évidemment beaucoup la température intérieure lorsque l’isolation de la toiture n’est pas très perfectionnée. Un truc, des arrivées d’air passant autour de briques humidifiées, posées dans un fond d’eau, permet de rafraîchir l’air.

